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VIDEO. Gironde: Comment une poignée d’ostréiculteurs sont en train de relancer l’huître du Médoc

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TERROIR La production de l’huître du Médoc, affinée dans les marais, a été relancée en 2014

 

On les a sans doute pris pour des fous quand, dans les années 1980, ils sont venus s’installer dans le Médoc pour exploiter les marais afin de créer de l’élevage de gambas, et relancer de l’huître. Mais 35 ans après, ces trois producteurs, qui ont été rejoints par trois autres tout récemment, attirent les foules sur les marchés locaux avec leurs huîtres spéciales du Médoc.

Flora Leclercq, qui a relancé avec son compagnon une ferme aquacole à Soulac-sur-Mer en 2017, est la petite dernière de cette bande de six ostréiculteurs. Elle rappelle que l’on a « toujours fait de l’huître dans le Médoc, c’est ancestral ». Mais en 1970, « quand a été créé le môle pétrolier du Verdon, cela a sonné la fin de l’ostréiculture ici, raconte un des trois « historiques », Bertrand Iung, producteur de gambas et d’huître à Saint-Vivien. La peur d’avoir une pollution aux hydrocarbures a en effet convaincu l’Etat de cesser l’activité ostréicole, et 3.000 médocains se sont retrouvés sur le carreau d’un coup. »

Une étude avec l’université de Bordeaux

S’il est autorisé à lancer une activité de gambas dans les années 1980, on lui refuse l’huître. « Même si l’activité pétrolière avait cessé, on avait découvert du cadmium dans nos terres, explique-t-il. Donc, à trois, on a décidé de mener toute une série d’études, et on a fini par montrer qu’il y avait une décrue de cette contamination au cadmium. » Membres du CPIE (Centre permanent d’initiative pour l’environnement) ils fournissent une étude finale en 2012 avec l’université de Bordeaux 1, qui va les autoriser enfin à relancer cette activité ostréicole en 2014.

« On n’a vraiment pu redémarrer qu’en 2016 », poursuit Jean-Marie Bertet, un des trois autres « historiques ». « Et nous ne sommes autorisés à faire que de l’affinage, sur une durée de six mois maximum. » L’affinage consiste à « prendre de petites huîtres, maigres, et les faire progresser et se charger en chair dans nos bassins. Chacun choisit la provenance de ses huîtres. Moi, j’en prends un peu de partout, d’Arcachon comme de Normandie » explique Jean-Marie Bertet.

« On se rapproche de la Fine de Claire »

Flora Leclercq ajoute que, concernant son exploitation, « on affine entre deux et cinq mois, c’est cela qui permet d’avoir des huîtres très charnues, goûteuses et qui prennent un goût de terroir particulier. On se rapproche de ce qui se fait en Charente, comme la Fine de Claire. Ce n’est pas de l’huître de pleine mer comme sur le bassin d’Arcachon. »

Car oui, l’huître du Médoc est très particulière, avec son petit goût de noisette. « Grâce à la conjonction du soleil et la qualité du terroir, nos marais sont une véritable usine à phytoplancton, détaille Jean-Marie Bertet. Et nos huîtres filtrent ce phytoplancton, c’est comme cela qu’on arrive à faire des huîtres très charnues, et avec un goût exceptionnel, en peu de temps. »

Entre 7 et 10 euros la douzaine

Si la marque « huître du Médoc » commence à se faire un nom, Flora Leclercq reconnaît que « l’on a encore besoin de promouvoir ce produit. » Surtout que « nos volumes restent faibles, de l’ordre de 60 tonnes par an pour l’ensemble de nos six productions, c’est une goutte d’eau. » Classifiée comme « huître spéciale », elle est un peu plus chère que la moyenne, entre 7 et 10 euros la douzaine en fonction des numéros.

Reste à savoir si l’activité va décoller dans les prochaines années. « Il y a deux-trois projets qui devraient aboutir d’ici à deux ans, estime Bertrand Iung. Si on se rend compte que c’est plus rentable d’exploiter les marais que de faire du blé ou de la vigne, on peut imaginer d’autres créations par la suite. Mais je ne pense pas que l’on monte au-delà de 12 ostréiculteurs dans les dix ans à venir. »

L’huître du Médoc devrait encore rester une perle rare pendant quelque temps

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Conditions d’élevage, concurrence déloyale… Le Ceta fait trembler les éleveurs bovins français

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AGRICULTURE Les éleveurs bovins français dénoncent des conséquences économiques « désastreuses » qu’aurait le traité commercial UE-Canada qui doit être ratifié ce mercredi à l’Assemblée nationale. Farines animales, antibiotiques, concurrence… Les craintes sont multiples

 

A la veille de la ratification par l’Assemblée nationale du traité commercial UE-Canada, le Ceta, les éleveurs bovins français sont aux abois.

Parmi les principaux sujets d’inquiétude des éleveurs bovins français: voir débarquer dans les assiettes du boeuf canadien nourri aux farines animales et, avec lui, le souvenir de la maladie de la vache folle (ESB).

La crainte des farines animales « non fondée » ?

Pour le ministère de l’Agriculture, cette crainte «n’est pas fondée»: «Quand on parle de farines animales, on fait référence aux farines de ruminants, qui ont été à l’origine de la maladie de la vache folle», estime le ministère, faisant valoir que ces produits sont interdits au Canada.

L’Union européenne les a également bannies, mais ne s’est pas arrêtée là, contrairement au Canada: elle a généralisé l’interdiction à ce qu’on appelle les protéines animales transformées, qui sont aussi des farines animales, mais issues de volailles et de porcs. Pour le ministère, si cette interdiction perdure, c’est pour des raisons d’acceptation des consommateurs, et non de sécurité sanitaire.

« Une incohérence politique terrible » pour la Fédération nationale bovine

L’interdiction avait été prise après la constatation de contaminations croisées entre les farines de ruminants à l’origine de l’ESB et les farines de porcs et de volailles qui pouvaient être transportées dans les mêmes camions. Mais le ministère affirme que Canadiens comme Européens ont «sécurisé leur circuit de distribution».

«Avant même de savoir si on les réintroduit en Europe, on est prêt à rouvrir notre marché à des viandes issues d’animaux nourris avec des farines animales», s’alarme néanmoins Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB), qui dénonce une «incohérence politique terrible». D’autant plus criante, selon lui, dans le contexte de montée en gamme de l’agriculture française après les Etats généraux de l’alimentation. Pour Bruno Dufayet, «le risque de contamination croisée est toujours présent».

La crainte aussi des bêtes dopées aux antibiotiques

Les éleveurs français s’inquiètent également de l’utilisation, outre-Atlantique, d’antibiotiques comme activateurs de croissance. Une pratique qui concerne, selon le ministère «l’ensemble des pays tiers qui fournissent l’UE en viande».

A moyen terme, l’Europe pourrait légiférer sur le sujet: un règlement décidé par le Parlement européen et le Conseil, publié début 2019, «demande à la Commission de prendre des dispositions visant à interdire l’importation à partir de pays tiers qui continuent à autoriser les antibiotiques comme promoteurs de croissance», selon le ministère, qui table sur une entrée en vigueur en janvier 2022.

Ce texte est jugé «très bon» par les éleveurs. Seul hic, «l’acte délégué pour le mettre en place n’est pas sorti: ça veut dire que d’ici 2022, on va pouvoir importer sans protéger des antibiotiques», estime Bruno Dufayet. Si le texte n’est pas encore devenu effectif, selon lui, c’est parce que l’Europe craint de se faire taper sur les doigts par l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), comme dans le dossier du boeuf aux hormones, dans lequel l’OMC avait finalement donné gain de cause aux Etats-Unis.

Un marché déstabilisé à moyen terme

Les éleveurs bovins n’ont de cesse de dénoncer des conséquences économiques désastreuses pour leur filière, compte tenu des contingents de boeuf que pourront exporter les Canadiens. Le ministère fait valoir qu’alors que le Ceta est déjà entré en vigueur il y a bientôt deux ans à titre provisoire, la France a importé seulement 119 tonnes équivalent carcasse de bovins canadiens en 2018. A l’échelle de l’Europe, selon des chiffres canadiens, le pays nord-américain n’a exporté que 1.000 tonnes de viande de boeuf, soit à peine 2% du quota accordé par le Ceta.

«On savait très bien qu’il leur fallait un certain temps pour s’adapter à produire sans hormones», explique toutefois à l’AFP Bruno Dufayet. D’autant plus que la diminution des droits de douanes est progressive sur cinq ans, soit autant d’années pour s’adapter aux demandes de l’Europe.

«Ce qui va arriver sur le marché, c’est uniquement les morceaux nobles. Ils vont venir se positionner sur le segment le plus rémunérateur, l’aloyau», déplore l’éleveur auvergnat. Un segment de 400.000 tonnes de viande en Europe, susceptible d’être fragilisé par l’arrivée d’un contingent de 65.000 tonnes de boeuf canadien, tel que prévu par l’accord.

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Chine: La croissance chinoise au plus bas, une première depuis 27 ans

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ECONOMIE La croissance chinoise s’est essoufflée sur un an au second trimestre en dépit des efforts de soutien engagés par Pékin

 

Au plus fort des tensions commerciales avec Washington, la croissance chinoise s’est essoufflée sur un an au second trimestre (+6,2 %), signant sa plus faible performance depuis au moins 27 ans, en dépit des efforts de soutien engagés par Pékin.

Ce chiffre, conforme aux prévisions d’un panel d’experts sondés la semaine dernière par l’AFP, a été annoncé lundi par le Bureau national des statistiques (BNS). C’est la plus faible hausse du PIB depuis le début de la publication des données trimestrielles en 1992, selon l’agence Bloomberg.

Les incertitudes augmentent

« L’environnement économique est toujours compliqué, tant en Chine qu’à l’étranger, la croissance économique mondiale ralentit et les instabilités et incertitudes externes augmentent », a reconnu le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS), Mao Shengyong. Le président américain Donald Trump, qui ne cesse de dénoncer l’excédent commercial de la Chine vis-à-vis de son pays, a imposé l’an dernier des droits de douane punitifs sur de nombreux produits chinois.

Washington a décidé en mai de porter ces surtaxes douanières de 10 à 25 % sur 200 milliards de biens chinois exportés annuellement vers les Etats-Unis, après l’échec des pourparlers avec Pékin. Mais Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont décrété fin juin une trêve dans leur guerre commerciale après une rencontre à Osaka (Japon) lors du sommet du G20.

« Enormes répercussions »

« La guerre commerciale a d’énormes répercussions sur l’économie chinoise », estime Edward Moya, analyste du courtier Oanda. « Et comme les négociations peinent à réaliser des progrès significatifs, nous sommes certainement encore loin du creux de la vague pour l’économie chinoise », selon lui.

La semaine dernière, négociateurs chinois et américains ont repris le dialogue par téléphone sans toutefois annoncer de prochaine rencontre de haut niveau pour tenter de sortir de l’impasse. « Le fait qu’un indicateur économique soit conforme aux prévisions est tout de même un énorme soulagement », s’enthousiasme Stephen Innes, analyste de la société d’investissement Vanguard Markets.

Pour soutenir l’économie réelle, le gouvernement chinois s’est engagé en mars à baisser de près de 2.000 milliards de yuans (265 milliards d’euros) la pression fiscale et sociale sur les entreprises. Pékin​ joue également les équilibristes, en essayant de soutenir les entreprises ayant besoin de crédit, mais sans trop gonfler leur endettement.

Des ventes solides

Mercredi, le Premier ministre chinois Li Keqiang a appelé à renforcer le soutien aux entreprises tournées vers l’international et promis des allégements fiscaux, au moment où Pékin peine avec ses exportations. Le mois dernier, les ventes de la Chine à l’étranger ont reculé de 1,3 % sur un an, après un rebond de 1,1 % en mai.

Les exportations, fortement pénalisées par la guerre commerciale, sont un des piliers de l’économie du géant asiatique. C’est la raison pour laquelle la Chine poursuit le rééquilibrage de son économie, en mettant davantage l’accent sur la consommation intérieure. Ces chiffres encourageants suggèrent que « la croissance est en train de se stabiliser » en Chine, estime Raymond Yeung.

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Bordeaux: Pour la vigne, la canicule «c’est magique» assurent des viticulteurs

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FORTE CHALEUR Les viticulteurs bordelais estiment que les quelques jours de forte chaleur qui touche la région promettent une belle récolte

 

Concentrée sur quelques jours seulement et à ce moment-là de l’année, la canicule ne fait pas peur aux vignerons, bien au contraire. « Nous sommes en train de faire cuire le mildiou », lance, satisfait, Philippe Bardet, viticulteur à Saint-Emilion, en évoquant les épisodes de fortes chaleurs qui devaient toucher la Gironde et la région, pouvant dépasser les 40 degrés.

« Deux, trois jours de canicule à Bordeaux, à cette période, c’est magique », ajoute ce président de la commission technique du CIVB (Comité Interprofessionnel du vin de Bordeaux). Dramatiquement touché l’an dernier par le mildiou, ce champignon qui adore l’humidité et détruit les grappes, le vignoble bordelais en avait repéré cette année « un petit peu mais il était sous contrôle », dit Philippe Bardet.

Le risque de mildiou affaibli

Ce pic de chaleur intervient fin juin à un moment où la grappe, encore en formation, aurait pu être sensible au mildiou. « Dans trois semaines, les raisins, quand ils commencent à rougir, n’y seront plus sensibles », se réjouit-il. Et comme la « nature est bien faite », la vigne a « compris qu’elle allait manquer d’eau et protège ses raisins au lieu de produire des feuilles, et ça, c’est excessivement bon pour la qualité ».

Avec cet épisode de chaleur, « le risque (de mildiou)​ diminue », renchérit Bernard Farges, président du syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, qui rassemble 4.500 viticulteurs. En ce moment, « la vigne est saine. C’est une plante méditerranéenne, elle aime la chaleur. De plus, il a plu récemment. Son pied n’est pas sec. La vigne aime ça », dit-il.

Des difficultés pour les travailleurs agricoles

Reste qu’il est évidemment « difficile de travailler dans les vignes » actuellement, ajoute le viticulteur dans l’Entre-Deux-Mers, d’autant qu’il y a énormément de travail en ce moment. « Avec le temps des vendanges, la fin juin, c’est un pic de travail. Il y a le palissage de la vigne, l’écimage, la tonte de l’herbe… »

Pour mieux affronter la chaleur, « les équipes démarrent à 5h30/6 heures. Cela veut dire que certains se lèvent très tôt, ils ont de la route à faire », dit-il.

« Les gens ont l’habitude, patrons comme salariés », renchérit Frédéric Faux, en charge de la production agricole pour la CGT-Gironde. « On aménage les horaires de travail, on donne des conseils de prudence aux plus jeunes. On connaît ça en agriculture, ça ne nous perturbe pas plus que ça ».

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