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Bordeaux

VIDEO. Conquête de la Lune: «Les agences spatiales vont désormais acheter des services au privé»

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INTERVIEW Président d’honneur du festival Big Bang de Saint-Médard-en-Jalles en Gironde, le spationaute Jean-François Clervoy revient pour « 20 Minutes » sur les nombreux projets en cours autour de la Lune

 

Cinquième Français à être allé dans l’espace, le spationaute Jean-François Clervoy est aujourd’hui président de la société Novespace, qui propose des vols scientifiques et paraboliques à bord d’un Airbus A310 Zero-G. Il sera le président d’honneur du festival Big Bang de Saint-Médard-en-Jalles (du 14 au 18 mai), qui, à l’occasion des 50 ans du premier pas de l’Homme sur la Lune, sera consacré au satellite de la Terre.

 

Cinquante après le premier pas de l’Homme sur la Lune, on reparle à nouveau de projets sur et autour de la Lune. Quelles seront les missions lunaires à venir ?

Il y a d’abord eu il y a quatre ans l’annonce du nouveau directeur de l’Agence spatiale européenne, d’un concept de Moon Village. C’est un concept où chaque agence spatiale partenaire amènerait ce qu’elle peut, quand elle veut, de façon à développer sur la Lune une infrastructure qui ressemblerait à un village, où vous aurez des gens qui viennent faire de la science, d’autres des entraînements en vue d’aller sur Mars, ou de l’exploitation de ressources extraterrestres… Puis les agences spatiales et particulièrement la Nasa se sont mises à réfléchir, il y a environ trois ans, à ce qui pourrait être la suite d’un partenariat international dans la lignée de l’ISS (la station spatiale internationale), et l’idée qui en est sortie est une station spatiale en orbite autour de la Lune. Le premier nom c’était le Deep Space Gateway, « portail de l’espace profond », maintenant on ne l’appelle plus que Gateway, le « portail ». Il a déjà fait l’objet d’accords de principe entre des agences partenaires depuis deux ans, et l’objectif est d’assembler les premiers éléments dans les cinq-six ans qui viennent. Enfin, les Chinois ont fait l’annonce début 2018 de leur intention d’amener un taïkonaute sur la Lune à la fin de la prochaine décennie, et parallèlement ils ont posé récemment un Rover sur la face cachée de la Lune. C’est la première fois qu’on se pose sur la face cachée. Ceci a déclenché une réaction des Etats-Unis, la Maison-Blanche annonçant qu’ils iront sur la Lune avant les Chinois, en 2028,puis finalement en 2024…

Est-ce réellement envisageable pour les Américains de retourner sur la Lune en 2024 ?

Ce n’est pas infaisable mais c’est peu probable, parce que si la Nasa a bien avancé sur le développement de son lanceur, le Space Launch System (SLS) – qui sera la Saturn 5 moderne –, si elle a bien avancé également dans le développement d’Orion, la capsule des astronautes qui voyagera dans l’espace, elle n’a pas encore démarré de projet d’atterrisseur lunaire. Or, pour aller sur la surface, il faut un atterrisseur, un LEM. Et en développer un en cinq-six ans cela me paraît très difficile.

Et est-ce que Donald Trump ne pense pas faire appel au privé pour tenir son objectif ?

Oui, il pense qu’il fera appel au secteur privé si la Nasa n’est pas prête, et dans sa tête il pense évidemment à Elon Musk. Musk, rappelons-le, a annoncé qu’il enverrait le milliardaire japonais Yusaku Maesawa avant 2024 pour faire le tour de la Lune, dans son vaisseau Starship à bord duquel il invitera huit artistes internationaux. Et Starship est conçu pour se poser sur ses ailerons. Elon Musk aide donc les Américains à penser que ce sera possible de poser un homme sur la Lune en 2024. Mais ça va être dur.

[Depuis que cette interview a été réalisée, Jeff Bezos, patron d’Amazon, a présenté, jeudi, un autre projet d’alunisseur dénommé Blue Moon, entendant ainsi participer également à cet objectif d’alunir en 2024.]

L’arrivée du privé sur le marché de la conquête spatiale, va-t-elle changer la donne, et notamment réduire les coûts ?

A côté des agences spatiales traditionnelles, des milliardaires ont effectivement créé leurs sociétés privées, SpaceX pour Musk, Blue Origin pour Bezos. Leur objectif est de proposer leurs services de lancement, de ravitaillement, de logistique, pour les aider à retourner sur la Lune rapidement. Cela bouleverse la donne, car les agences spatiales n’auront plus nécessairement à concevoir des vaisseaux, et vont désormais acheter des services. Par exemple, la Nasa va acheter des sièges à SpaceX pour transporter des astronautes vers ISS. Cela réduit les coûts considérablement.

Vous parliez du Gateway, qui est un portail pour aller vers Mars. Est-ce que cette ambition de retourner sur la Lune, c’est surtout pour aller vers Mars, ou a-t-on encore des choses à apprendre de la Lune ?

Les deux. Le Gateway va effectivement permettre de se servir de la Lune pour apprendre à vivre dans un environnement interplanétaire, et donc de se préparer à aller sur Mars. En orbite basse (où est positionnée l’ISS), on est protégé des rayons cosmiques par le champ magnétique terrestre, donc on n’est pas dans le même environnement que ce que les astronautes vivront pour aller vers Mars. L’environnement lunaire va nous permettre de nous habituer à ce qu’on va vivre lors d’un voyage habité vers Mars. Mais il y a aussi encore des choses à apprendre sur la Lune. A l’époque d’Apollo, c’était une course, les Américains l’ont gagnée, mais depuis on s’est arrêté et on n’a pas fini de découvrir ce que la Lune a à nous apprendre, surtout au niveau des pôles, où il y a probablement de l’eau et de la glace, et des endroits où le soleil et la lumière ne sont pas entrés depuis des millions, voire des centaines de millions d’années…

Après la Lune, ce sera donc Mars. L’échéance crédible pour y poser un humain, ce sera quelle date ?

On ira vers Mars dans les années 2030, et on y posera les premiers humains dans les années 2040. C’est très dur de se poser sur Mars, car c’est une planète qui a une gravité plus importante que la Lune, et comme l’atmosphère est trop ténue pour qu’on puisse s’en servir, c’est comme si c’était vide. Il faudra donc des rétrofusées d’une puissance gigantesque pour descendre en douceur, et cela c’est compliqué. Alors, quand Elon Musk annonce qu’il mettra 40 personnes sur Mars en 2024…. Il y croit vraiment, et il connaît très bien son sujet, mais il évacue un peu trop vite toute une série de contraintes.

Jean-François Clervoy animera une table ronde intitulée « La Lune, l’aventure continue »le samedi 18 mai à 17h30 à Saint-Médard-en-Jalles.

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Bordeaux

Canada : Un gâteau servi lors d’une fête d’école contenait du cannabis

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INGRÉDIENT MYSTÈRE L’école invite les personnes qui auraient consommé du gâteau à consulter un médecin en cas de doute

 

Un « space cake » servi à des enfants ? La police de Nouvelle-Ecosse (Canada) a ouvert une enquête pour comprendre comment du cannabis s’était retrouvé dans un gâteau servi lors d’une fête d’école ce vendredi.

Ce « gâteau à la mélasse suspecté de contenir du THC » aurait provoqué des malaises chez plusieurs adultes et enfants, selon un communiqué de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC). Les faits sont survenus à Eskasoni, au nord-est de la province.

Jeter les restes du gâteau

« Parmi les individus qui se sont rendus à l’hôpital, certains sont testés positifs au THC », ajoute la GRC. Selon la chaîne CBC, la mère d’une fillette de 8 ans est tombée des nues quand l’hôpital lui a annoncé que sa fille, prise d’un malaise, avait ingéré ce principe actif du cannabis.

Le gâteau a été fourni par un traiteur. La police cherche à déterminer s’il s’agit d’une erreur ou d’un acte volontaire. Sur Facebook, l’école concernée a invité les participants de la fête à voir un médecin si nécessaire et à jeter toute nourriture qu’ils auraient pu rapporter chez eux. La consommation du cannabis est légale au Canada depuis octobre 2018, mais l’âge minimal pour s’en procurer est fixé à 18 ans, et 21 ans au Québec.

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animaux

Australie : Des dizaines de koalas morts après la destruction d’une plantation

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ANIMAUX Un incident « très navrant », ont déploré les autorités de l’État de Victoria, dans le sud du pays. La destruction d’une plantation d’eucalyptus a nécessité d’euthanasier des dizaines de koalas et 80 autres, blessés et souffrant de faim, ont été pris en charge

 

Des dizaines de koalas ont été euthanasiés et plus de 80 ont été pris en charge après la destruction d’une plantation d’eucalyptus dans le sud de l’Australie, ont annoncé lundi les autorités, qui ont ouvert une enquête.

Le ministère de l’Environnement de l’Etat de Victoria (Sud), qui a qualifié cet « incident » de « très navrant », a indiqué que les autorités chargées de la sauvegarde de la nature enquêtaient sur cette destruction d’eucalyptus près de la ville côtière de Portland.

80 koalas blessés et souffrant de faim

« Si s’avère qu’il s’agit d’un acte humain délibéré, nous attendons que cet organisme prenne rapidement des mesures à l’encontre des responsables », a déclaré le ministère.

Les auteurs de ce type de destructions sont passibles de lourdes amendes en vertu de la législation visant à protéger les animaux sauvages en Australie.

Le ministère de l’Environnement estime qu’environ 80 koalas, blessés et souffrant de faim, été pris en charge médicalement au cours du week-end, alors que les autres ont été euthanasiés.

« Nous prévoyons de transférer hors du site les animaux restants à condition qu’ils soient suffisamment en bonne santé pour être déplacés », a précisé le ministère.

Un « massacre » pour les Amis de la Terre

L’organisation «Amis de la Terre» a qualifié cette destruction de « massacre » et estimé qu’elle remontait à décembre. L’ampleur du désastre a été révélée ces derniers jours lorsque des habitants ont vu des koalas morts être empilés par un bulldozer.

Les incendies dévastateurs dans le sud et l’est de l’Australie ont déjà détruit au cours des derniers mois de vastes étendues de forêts, dans lesquelles vivent les koalas, un animal « vulnérable » dont la population décline de manière spectaculaire.

Les producteurs forestiers assurent mener l’enquête

L’association australienne des producteurs forestiers a indiqué qu’un entrepreneur avait abattu des arbres en novembre conformément aux règles de protection des animaux sauvages et que c’est par la suite que les arbres restants ont été détruits avec un bulldozer.

« On ne sait pas encore qui a rasé les arbres avec les koalas apparemment encore dedans, mais il est absolument certain qu’il ne s’agissait pas d’une plantation ou d’une entreprise forestière », a déclaré au journal Nine, le directeur général de cette association, Ross Hampton. Les producteurs forestiers se sont engagés à mener leur propre enquête.

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AGRICULTURE

Déviation routière près de Bordeaux : « La politique du tout voiture l’emporte toujours, alors que ça ne fonctionne pas »

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AMENAGEMENT Environ 150 militants écologistes, dont le mouvement Extinction Rebellion, ont manifesté ce dimanche en Gironde sur le chantier de la déviation routière du Taillan-Médoc, qui vient tout juste de démarrer

 

Vingt degrés un 2 février… Le temps idéal pour mobiliser les troupes à l’occasion d’une manifestation contre un projet de déviation routière près de Bordeaux. Et l’occasion de rappeler pour ces militants écologistes, que « le réchauffement climatique ce n’est pas que le délire de quelques collapsologues… »

Environ 150 manifestants se sont rendus ce dimanche sur les lieux du projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde
Environ 150 manifestants se sont rendus ce dimanche sur les lieux du projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde – Mickaël Bosredon/20 Minutes

Ce dimanche midi, quelque 150 personnes se sont donc réunies à Saint-Aubin-De-Médoc, aux confins de la métropole de Bordeaux, point de départ de la fameuse « déviation routière du Taillan-Médoc » dont les travaux viennent tout juste de démarrer. A l’appel d’ Extinction Rebellion, ANV (Action Non-Violente) COP 21, et d’associations environnementales locales comme Natur’Jalles, ces militants sont venus dire, dans le calme, leur opposition à ce projet qui va selon eux fortement impacter les sols, les cours d’eau et la biodiversité du secteur.

Manifestation de militants écologistes contre le projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde, le 2 février 2020.
Manifestation de militants écologistes contre le projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde, le 2 février 2020. – Extinction Rebellion

Sous le regard de quelques gendarmes, les manifestants ont formé une chaîne humaine pour dessiner les mots « SOS » et « STOP ». « L’idée avec cette action symbolique est de soutenir les recours juridiques déposés contre ce projet par les associations Natur’Jalles et France Nature Environnement, et d’alerter les magistrats qui vont examiner ce dossier le 12 février, explique Elodie, d’Extinction Rebellion Bordeaux. Nous voulons que ce projet soit remis à plat, et nous ne nous arrêterons pas là si jamais la décision du 12 ne nous est pas favorable. »

mibosredon@mibosredon

« Nous sommes le vivant nous sommes la nature qui se défend » scandent les manifestants contre le projet de déviation routière du Taillan-Medoc en #Gironde #Bordeaux #environnement #route

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Déjà plusieurs recours par le passé

Ce nouveau recours, c’est un peu la tuile pour les porteurs du projet – le conseil départemental de la Gironde et la maire du Taillan-Médoc Agnès Versepuy – qui pensaient bien en avoir enfin fini avec la contestation. Ce dossier vieux de plus de 30 ans, a en effet déjà connu son lot de recours et d’annulations devant le tribunal administratif, en raison de la menace qu’il fait porter sur l’habitat naturel d’une centaine d’espèces animales (papillons, batraciens…), dont certaines sont menacées de disparition.

Après avoir revu sa copie, réduit une partie de l’infrastructure, et compensé une partie des destructions par la création de nouveaux habitats naturels, le conseil départemental, qui a obtenu en septembre dernier le feu vert du conseil national de la protection de la nature (CNPN), puis celui de la préfecture de la Gironde, se disait cette fois-ci confiant pour mener à bien la réalisation de ce nouveau barreau routier de 8 km. Assurant avoir désormais toutes les garanties environnementales, les premiers coups de pioche étaient donnés en novembre.

Une menace pour l’eau potable ?

Mais patatras, le 23 janvier dernier, Natur’Jalles et FNE Nouvelle Aquitaine déposaient un nouveau recours en annulation auprès du tribunal administratif de Bordeaux pour contester la décision de la préfète de la Gironde. Et les deux associations d’exiger l’arrêt des travaux.

Pour apporter de l’eau à leur moulin, elles s’appuient de surcroît sur un nouveau rapport, commandé à un géologue, qui affirme que ce projet fait peser une menace de pollution sur une source d’eau potable qui alimente en partie la métropole de Bordeaux. Ce que le conseil départemental réfute.

La goutte d’eau…

Quoi qu’il en soit, ce nouvel élément est en train de susciter une mobilisation contre le projet plus large que jamais. Extinction Rebellion reconnaît ainsi que ce nouveau rapport, c’est un peu la goutte d’eau… « Cela a été pour nous l’élément déclencheur, car désormais toute la métropole est concernée, et XR ne peut pas laisser passer ça, poursuit Elodie. Mais nous ne sommes pas pour autant que des bobos bordelais, et tout le principe de biodiversité nous concerne, sur tous les territoires. »

Le mouvement écologiste dénonce d’une manière plus générale « la politique du tout voiture qui l’emporte toujours, alors que l’on sait que cela ne fonctionne pas : plus il y a de routes, plus il y a de lotissements, plus il y a de trafic… »

Plus de 1.000 camions traversent chaque jour la ville du Taillan

Pourtant, les habitants du Taillan-Médoc, qui voient leur commune traversée chaque jour par 20.000 véhicules, dont 1.000 à 1.500 camions, sont très majoritairement favorables à ce projet qu’ils attendent de longue date. « Aujourd’hui il y a une thrombose très importante au Taillan, il faut agir pour la vie de ces habitants », expliquait ainsi Alain Renard, vice-président du conseil départemental, à 20 Minutes en novembre dernier. L’élu met aussi en avant « l’enjeu pour toute la liaison entre le Médoc et la métropole » que représente cette déviation.

Le projet de déviation routière du Taillan, entre Saint-Aubin-de-Médoc et Arsac, prévoit la construction d'un barreau routier de 8 km.
Le projet de déviation routière du Taillan, entre Saint-Aubin-de-Médoc et Arsac, prévoit la construction d’un barreau routier de 8 km. – Mickaël Bosredon/20 Minutesckaël Bosredon/20 Minutes

« Je comprends les habitants du Taillan, assure Elodie d’Extinction Rebellion, mais je pense que l’on n’a pas assez étudié d’autres solutions, avec des routes existantes. Surtout, en construisant une nouvelle déviation, on ne s’attaque pas à la racine du problème ; il vaudrait mieux réfléchir sérieusement à relancer le fret. »

Le conseil départemental, espère de son côté que le tribunal administratif ne lui mettra pas de nouveau des bâtons dans les roues, et qu’il pourra achever son chantier pour 2022 comme c’est envisagé. Au mieux.

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