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RECYCLAGE Pic’Verre, entreprise de l’économie sociale et solidaire, va se lancer en juin à Bordeaux, pour aller récupérer le verre directement au domicile des habitants afin de mieux le recycler

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RECYCLAGE Pic’Verre, entreprise de l’économie sociale et solidaire, va se lancer en juin à Bordeaux, pour aller récupérer le verre directement au domicile des habitants afin de mieux le recycler

 

Bien mais peut mieux faire. Si 70 % du verre est recyclé sur Bordeaux Métropole, « il reste encore entre 5 et 16 kilos par an et par habitant qui se retrouvent dans les poubelles traditionnelles, ce qui représente autant de verre perdu » pointe Cyril Martin. Fort de ce constat, ce Bordelais est en train de lancer avec son cousin Julien Martin, Pic’Verre, une entreprise de l’Economie sociale et solidaire (ESS).

Pic’Verre proposera à partir du 3 juin, un service de collecte du verre au domicile des Bordelais. Cyril Martin s’est équipé pour cela d’un triporteur électrique. « Nous avons cartographié Bordeaux en 21 secteurs, et l’idée est de passer une fois par mois chez nos abonnés. » Il vise, par exemple, le public des personnes âgées pour qui les sacs de verre sont parfois trop lourds, les personnes à mobilité réduite, mais aussi des personnes qui n’ont tout simplement pas le temps d’aller jusqu’aux points de collecte, situés parfois jusqu’à 800 m des habitations dans certains quartiers.

« Chacun gère son compte et le rythme de ramassage comme il le souhaite »

Le prix de l’adhésion au service sera de cinq euros par an, qui comprend un sac de collecte, « et ensuite vous vous constituez un compte de crédits, selon les formules proposées le prix du ramassage va de 3,50 euros à 2,50 euros pour un sac. Chacun gère son compte et son rythme de ramassage comme il le souhaite. »

La société Pic'Verre fournit des sacs pour le ramassage du verre.
La société Pic’Verre fournit des sacs pour le ramassage du verre. – M.Bosredon/20Minutes

Dans un premier temps, l’objectif de la société est de collecter le verre pour l’apporter dans les bornes d’apport volontaire, afin d’améliorer le taux de recyclage sur la métropole. « Mais si des initiatives comme la consigne se développent, on pourra aussi être une aide logistique à tout cela. »

Un millier de points de collecte sur la métropole

Pic’Verre n’entend donc pas se substituer au service public du ramassage du verre. Mais apporter un service complémentaire. « Nous avons conscience qu’il est très difficile pour la métropole d’implanter davantage de points de collecte, notamment dans l’hyper-centre. » Par ailleurs ces points de collecte sont très souvent débordés, notamment en raison d’une importante activité de restauration.

Il existe un millier de points de collecte du verre sur la métropole de Bordeaux, mais ceux-ci sont régulièrement débordés.
Il existe un millier de points de collecte du verre sur la métropole de Bordeaux, mais ceux-ci sont régulièrement débordés. – Pic’verre

Bordeaux Métropole relève toutefois que la collecte du verre par habitant « progresse sur la métropole grâce à la densification du tissu des bornes à verre en apport volontaire (1.000 environ). » Ainsi, de 16.597 tonnes collectées (22.5 kg/habitant) en 2015, on est passé à 18.967 tonnes collectées (24,52 kg/habitant) en 2018.

Recyclable à l’infini

L’enjeu est d’autant plus important que « le verre est recyclable à l’infini, donc il faut le valoriser » insiste Cyril Martin. Ce que confirme la métropole. « Il est important que ce verre (bouteilles, pots, bocaux) soit collecté séparément des autres flux de collecte pour qu’il soit recyclé, à Izon (Gironde), où de nouvelles bouteilles de verre sont produites. »

Pic’Verre vise « 2.000 à 2.500 clients » d’ici à deux ans. « Nous aimerions évidemment nous développer sur l’ensemble de la métropole, en revanche la problématique est différente en zone rurale, et notre système y serait moins viable. »

Pic’Verre vient de lancer une campagne de crowdfunding sur jadopteunprojet.com pour financer son projet, et inaugurera son local, rue Paul Louis Lande à Bordeaux, le 31 mai

 

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Conditions d’élevage, concurrence déloyale… Le Ceta fait trembler les éleveurs bovins français

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AGRICULTURE Les éleveurs bovins français dénoncent des conséquences économiques « désastreuses » qu’aurait le traité commercial UE-Canada qui doit être ratifié ce mercredi à l’Assemblée nationale. Farines animales, antibiotiques, concurrence… Les craintes sont multiples

 

A la veille de la ratification par l’Assemblée nationale du traité commercial UE-Canada, le Ceta, les éleveurs bovins français sont aux abois.

Parmi les principaux sujets d’inquiétude des éleveurs bovins français: voir débarquer dans les assiettes du boeuf canadien nourri aux farines animales et, avec lui, le souvenir de la maladie de la vache folle (ESB).

La crainte des farines animales « non fondée » ?

Pour le ministère de l’Agriculture, cette crainte «n’est pas fondée»: «Quand on parle de farines animales, on fait référence aux farines de ruminants, qui ont été à l’origine de la maladie de la vache folle», estime le ministère, faisant valoir que ces produits sont interdits au Canada.

L’Union européenne les a également bannies, mais ne s’est pas arrêtée là, contrairement au Canada: elle a généralisé l’interdiction à ce qu’on appelle les protéines animales transformées, qui sont aussi des farines animales, mais issues de volailles et de porcs. Pour le ministère, si cette interdiction perdure, c’est pour des raisons d’acceptation des consommateurs, et non de sécurité sanitaire.

« Une incohérence politique terrible » pour la Fédération nationale bovine

L’interdiction avait été prise après la constatation de contaminations croisées entre les farines de ruminants à l’origine de l’ESB et les farines de porcs et de volailles qui pouvaient être transportées dans les mêmes camions. Mais le ministère affirme que Canadiens comme Européens ont «sécurisé leur circuit de distribution».

«Avant même de savoir si on les réintroduit en Europe, on est prêt à rouvrir notre marché à des viandes issues d’animaux nourris avec des farines animales», s’alarme néanmoins Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB), qui dénonce une «incohérence politique terrible». D’autant plus criante, selon lui, dans le contexte de montée en gamme de l’agriculture française après les Etats généraux de l’alimentation. Pour Bruno Dufayet, «le risque de contamination croisée est toujours présent».

La crainte aussi des bêtes dopées aux antibiotiques

Les éleveurs français s’inquiètent également de l’utilisation, outre-Atlantique, d’antibiotiques comme activateurs de croissance. Une pratique qui concerne, selon le ministère «l’ensemble des pays tiers qui fournissent l’UE en viande».

A moyen terme, l’Europe pourrait légiférer sur le sujet: un règlement décidé par le Parlement européen et le Conseil, publié début 2019, «demande à la Commission de prendre des dispositions visant à interdire l’importation à partir de pays tiers qui continuent à autoriser les antibiotiques comme promoteurs de croissance», selon le ministère, qui table sur une entrée en vigueur en janvier 2022.

Ce texte est jugé «très bon» par les éleveurs. Seul hic, «l’acte délégué pour le mettre en place n’est pas sorti: ça veut dire que d’ici 2022, on va pouvoir importer sans protéger des antibiotiques», estime Bruno Dufayet. Si le texte n’est pas encore devenu effectif, selon lui, c’est parce que l’Europe craint de se faire taper sur les doigts par l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), comme dans le dossier du boeuf aux hormones, dans lequel l’OMC avait finalement donné gain de cause aux Etats-Unis.

Un marché déstabilisé à moyen terme

Les éleveurs bovins n’ont de cesse de dénoncer des conséquences économiques désastreuses pour leur filière, compte tenu des contingents de boeuf que pourront exporter les Canadiens. Le ministère fait valoir qu’alors que le Ceta est déjà entré en vigueur il y a bientôt deux ans à titre provisoire, la France a importé seulement 119 tonnes équivalent carcasse de bovins canadiens en 2018. A l’échelle de l’Europe, selon des chiffres canadiens, le pays nord-américain n’a exporté que 1.000 tonnes de viande de boeuf, soit à peine 2% du quota accordé par le Ceta.

«On savait très bien qu’il leur fallait un certain temps pour s’adapter à produire sans hormones», explique toutefois à l’AFP Bruno Dufayet. D’autant plus que la diminution des droits de douanes est progressive sur cinq ans, soit autant d’années pour s’adapter aux demandes de l’Europe.

«Ce qui va arriver sur le marché, c’est uniquement les morceaux nobles. Ils vont venir se positionner sur le segment le plus rémunérateur, l’aloyau», déplore l’éleveur auvergnat. Un segment de 400.000 tonnes de viande en Europe, susceptible d’être fragilisé par l’arrivée d’un contingent de 65.000 tonnes de boeuf canadien, tel que prévu par l’accord.

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Chine: La croissance chinoise au plus bas, une première depuis 27 ans

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ECONOMIE La croissance chinoise s’est essoufflée sur un an au second trimestre en dépit des efforts de soutien engagés par Pékin

 

Au plus fort des tensions commerciales avec Washington, la croissance chinoise s’est essoufflée sur un an au second trimestre (+6,2 %), signant sa plus faible performance depuis au moins 27 ans, en dépit des efforts de soutien engagés par Pékin.

Ce chiffre, conforme aux prévisions d’un panel d’experts sondés la semaine dernière par l’AFP, a été annoncé lundi par le Bureau national des statistiques (BNS). C’est la plus faible hausse du PIB depuis le début de la publication des données trimestrielles en 1992, selon l’agence Bloomberg.

Les incertitudes augmentent

« L’environnement économique est toujours compliqué, tant en Chine qu’à l’étranger, la croissance économique mondiale ralentit et les instabilités et incertitudes externes augmentent », a reconnu le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS), Mao Shengyong. Le président américain Donald Trump, qui ne cesse de dénoncer l’excédent commercial de la Chine vis-à-vis de son pays, a imposé l’an dernier des droits de douane punitifs sur de nombreux produits chinois.

Washington a décidé en mai de porter ces surtaxes douanières de 10 à 25 % sur 200 milliards de biens chinois exportés annuellement vers les Etats-Unis, après l’échec des pourparlers avec Pékin. Mais Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont décrété fin juin une trêve dans leur guerre commerciale après une rencontre à Osaka (Japon) lors du sommet du G20.

« Enormes répercussions »

« La guerre commerciale a d’énormes répercussions sur l’économie chinoise », estime Edward Moya, analyste du courtier Oanda. « Et comme les négociations peinent à réaliser des progrès significatifs, nous sommes certainement encore loin du creux de la vague pour l’économie chinoise », selon lui.

La semaine dernière, négociateurs chinois et américains ont repris le dialogue par téléphone sans toutefois annoncer de prochaine rencontre de haut niveau pour tenter de sortir de l’impasse. « Le fait qu’un indicateur économique soit conforme aux prévisions est tout de même un énorme soulagement », s’enthousiasme Stephen Innes, analyste de la société d’investissement Vanguard Markets.

Pour soutenir l’économie réelle, le gouvernement chinois s’est engagé en mars à baisser de près de 2.000 milliards de yuans (265 milliards d’euros) la pression fiscale et sociale sur les entreprises. Pékin​ joue également les équilibristes, en essayant de soutenir les entreprises ayant besoin de crédit, mais sans trop gonfler leur endettement.

Des ventes solides

Mercredi, le Premier ministre chinois Li Keqiang a appelé à renforcer le soutien aux entreprises tournées vers l’international et promis des allégements fiscaux, au moment où Pékin peine avec ses exportations. Le mois dernier, les ventes de la Chine à l’étranger ont reculé de 1,3 % sur un an, après un rebond de 1,1 % en mai.

Les exportations, fortement pénalisées par la guerre commerciale, sont un des piliers de l’économie du géant asiatique. C’est la raison pour laquelle la Chine poursuit le rééquilibrage de son économie, en mettant davantage l’accent sur la consommation intérieure. Ces chiffres encourageants suggèrent que « la croissance est en train de se stabiliser » en Chine, estime Raymond Yeung.

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Bordeaux: Pour la vigne, la canicule «c’est magique» assurent des viticulteurs

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FORTE CHALEUR Les viticulteurs bordelais estiment que les quelques jours de forte chaleur qui touche la région promettent une belle récolte

 

Concentrée sur quelques jours seulement et à ce moment-là de l’année, la canicule ne fait pas peur aux vignerons, bien au contraire. « Nous sommes en train de faire cuire le mildiou », lance, satisfait, Philippe Bardet, viticulteur à Saint-Emilion, en évoquant les épisodes de fortes chaleurs qui devaient toucher la Gironde et la région, pouvant dépasser les 40 degrés.

« Deux, trois jours de canicule à Bordeaux, à cette période, c’est magique », ajoute ce président de la commission technique du CIVB (Comité Interprofessionnel du vin de Bordeaux). Dramatiquement touché l’an dernier par le mildiou, ce champignon qui adore l’humidité et détruit les grappes, le vignoble bordelais en avait repéré cette année « un petit peu mais il était sous contrôle », dit Philippe Bardet.

Le risque de mildiou affaibli

Ce pic de chaleur intervient fin juin à un moment où la grappe, encore en formation, aurait pu être sensible au mildiou. « Dans trois semaines, les raisins, quand ils commencent à rougir, n’y seront plus sensibles », se réjouit-il. Et comme la « nature est bien faite », la vigne a « compris qu’elle allait manquer d’eau et protège ses raisins au lieu de produire des feuilles, et ça, c’est excessivement bon pour la qualité ».

Avec cet épisode de chaleur, « le risque (de mildiou)​ diminue », renchérit Bernard Farges, président du syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, qui rassemble 4.500 viticulteurs. En ce moment, « la vigne est saine. C’est une plante méditerranéenne, elle aime la chaleur. De plus, il a plu récemment. Son pied n’est pas sec. La vigne aime ça », dit-il.

Des difficultés pour les travailleurs agricoles

Reste qu’il est évidemment « difficile de travailler dans les vignes » actuellement, ajoute le viticulteur dans l’Entre-Deux-Mers, d’autant qu’il y a énormément de travail en ce moment. « Avec le temps des vendanges, la fin juin, c’est un pic de travail. Il y a le palissage de la vigne, l’écimage, la tonte de l’herbe… »

Pour mieux affronter la chaleur, « les équipes démarrent à 5h30/6 heures. Cela veut dire que certains se lèvent très tôt, ils ont de la route à faire », dit-il.

« Les gens ont l’habitude, patrons comme salariés », renchérit Frédéric Faux, en charge de la production agricole pour la CGT-Gironde. « On aménage les horaires de travail, on donne des conseils de prudence aux plus jeunes. On connaît ça en agriculture, ça ne nous perturbe pas plus que ça ».

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