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Gironde: Pour être «un petit peu plus futé», un traiteur installe un potager et un poulailler à côté de son labo de cuisine

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INTERVIEW 20 Minutes a rencontré Philippe Capdevielle, traiteur bordelais moyenne et haute gamme, qui a utilisé les espaces autour de son entreprise pour planter des fruits, des légumes et des aromates.

 

Chez le traiteur bordelais Capdevielle, c’est dès le parking que la moindre parcelle de vert est rentabilisée. Le long des places de stationnement se trouvent des rangs d’arbres à kiwis et devant l’entrée, de grandes jardinières en bois accueillent toutes sortes d’herbes aromatiques. Philippe Capdevielle, le maître des lieux, a lancé son entreprise de traiteur moyenne et haute gamme en 1989 et emploie aujourd’hui 39 personnes, pour un chiffre d’affaires qui s’établit à 4,5 millions d’euros. Sur le nouveau site de la société, à Bruges, près de Bordeaux, il s’est lancé avec son équipe dans la création d’un potager et a même installé un poulailler. 20 Minutes a eu le droit à une visite guidée.

Les plantes aromatiques accueillent les clients du traiteur à l'avant du bâtiment, installé à Bruges.
Les plantes aromatiques accueillent les clients du traiteur à l’avant du bâtiment, installé à Bruges. – E.Provenzano / 20 Minutes

D’où vient cette idée d’un potager ?

Avec 7.000 m2 de labo on avait encore de l’espace vert alors, au lieu d’être obligé de le tondre et d’arroser pour rien, on s’est dit que, pour être un peu plus futé, on pourrait utiliser nos déchets pour un jardin. Au départ les 2.500 m2 de potager ne devaient servir qu’à approvisionner les employés en fruits et légumes, mais finalement quitte à le faire on s’est dit autant en faire profiter les clients. Pour la conception, je me suis fait aider par un architecte urbain et ma fille, Léa, qui s’occupe de potagers au Sénégal. Une personne est chargée de l’entretien du jardin et du matériel de l’entreprise.

Vous vous servez de beaucoup d’herbes aromatiques dans votre activité ?

On a des notes impressionnantes pour les herbes et fleurs comestibles et en plus certaines sont lyophilisées quand on les reçoit. Alors on a décidé de faire directement nos jus et il faut dire aussi qu’une herbe coupée fraîche n’a pas le même goût qu’une qui sort du frigo. On a dix sortes de menthe, du persil, de l’estragon, de la coriandre, de la plante à huître (dont les feuilles coûtent très cher dans le commerce).

Avec ce potager, les cuisiniers savent pourquoi ils trient les déchets (utilisés comme compost ou donnés aux poules) et ils ont le confort d’avoir un accès direct au produit. On a aussi neuf sortes de basilic, des poivrons, de la ciboulette, des fleurs pour décorer, des tomates cerise auxquelles on a associé du basilic pour repousser les insectes et de la menthe dans les fraises, pour la même raison.

Qu’avez-vous privilégié dans vos plants ?

On a mis des haies comestibles à cet endroit (le long du chemin qui mène au potager) on a des groseilles, des mûres mais on a un peu de mal avec les framboises (un peu jaunies). Ce n’est pas grave, c’est le risque.

On est obligés dans notre métier d’avoir un laboratoire high-tech aux normes, c’est très compliqué. Alors à côté, il y a la vie : ici ce sont des légumes qui poussent naturellement et pas en batterie. Je ne cherche pas à être autonome mais à utiliser ce que j’ai autour de moi en étant moins bête. Le personnel repart avec des légumes frais, et du coup, je me dis qu’il peut y avoir une certaine tolérance de la famille si de temps en temps, leurs conjoints ou conjointes rentrent plus tard.

Philippe Capdevielle surveille avec attention ses tomates suspendues.
Philippe Capdevielle surveille avec attention ses tomates suspendues. – E.Provenzano / 20 Minutes

Ici ce sont des tomates suspendues ?

Oui on s’amuse un peu. On a travaillé avec le conservatoire des tomates pour planter dix variétés anciennes et au total on en a dix-huit sortes. On pourra prochainement proposer à nos clients un bar à tomates et basilic de notre jardin, dans un kiosque qu’on va installer au milieu du potager. On fera aussi des tartes aux fruits frais à déguster sur place.

Ici ce sont des piments d’Espelette et on pourra faire notre propre poudre. Les salades, on ne les a pas assez écartées… Mais ici on aura du céleri et des artichauts. On a planté des arbres fruitiers, mais pour récolter il faudra patienter cinq à six ans.

Neuf poules permettent de diminuer les déchets et d'offrir des œufs aux employés.
Neuf poules permettent de diminuer les déchets et d’offrir des œufs aux employés. – E.Provenzano / 20 Minutes

Quelle est la fonction du poulailler ?

Les restes non carnés, on va les donner aux neuf poules de notre poulailler, toutes parrainées par des membres du personnel. Et, tous les jours, un employé part avec six œufs. On ne peut pas les utiliser pour cuisiner car les normes nous en empêchent (et de toute façon la quantité fournie est ridicule par rapport aux besoins).

Vous gardez un peu de place entre le verger et le poulailler, vous avez un projet ?

On aimerait y installer une serre avec des fleurs en pot qu’on pourrait transporter sur nos prestations avec des cache-pots, c’est un peu stupide d’avoir des fleurs coupées. On va faire évoluer les choses au fur et à mesure. On essaye simplement de faire un peu mieux à notre échelle, on n’est pas du tout des rois de l’écologie.

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Bouches-du-Rhône: Tous les massifs interdits d’accès ce mardi en raison du risque d’incendie

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FEU Le département des Bouches-du-Rhône est en « vigilance sécheresse » depuis le 17 juillet dernier

 

Une mesure de prévention. En raison du fort risque d’incendie dans les Bouches du Rhône, tous les massifs sont interdits d’accès, ce mardi, a annoncé la préfecture. La cause ? Le retour du mistral qui favorise les départs de feu.

Préfet de la région PACA et des Bouches-du-Rhône

@Prefet13

⚠️Tous les massifs forestiers des #BouchesduRhône sont interdits d’accès et de travaux ce mardi 13 août ! Le risque d’embrasement est très important ! Pour protéger nos forêts 🌲, respectez les consignes de prudence 🚫🔥🚬

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Le mistral devrait faire son grand retour, ce mardi, avec des rafales pouvant atteindre les 70 km/heure dans les secteurs de l’Etang de Berre et Salon. Les températures, très élevées depuis plusieurs jours, devraient rester les mêmes.

Sept massifs fermés au public dans le Var

Conséquence, les 24 massifs des Bouches-du-Rhône sont interdits au public ce mardi. Dans le détail, le parc national des Calanques​ sera fermé toute la journée. Il sera donc interdit d’accéder aux calanques de Sormiou, Morgiou, En Vau, Port Miou, Sugiton ou encore Port Pin. Les accès par la mer seront autorisés, mais sans pouvoir débarquer. L’Ile Verte, à La Ciotat, ainsi que les calanques et les plages reculées de la Côte Bleue seront, elles aussi, fermées au public.

Pompiers de France

@PompiersFR

#Communiqué #FNSPF | #FeuxDeForêts : un #pont du #15août à haut risque sur le front des #incendies !#CP à retrouver en intégralité sur ➡️ https://www.pompiers.fr/presse/feux-de-forets-un-pont-du-15-aout-haut-risque 

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Une situation similaire dans le Var, où sept massifs sur les neuf du département seront fermés au public. Les pompiers des Bouches-du-Rhône et du Var sont intervenus à plusieurs reprises, ces dernières semaines, sur des départs de feu. A Saint Mandrier, près de 25 hectares de pinède ont brûlé.

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Gironde: La start up Toopi Organics veut recycler l’urine humaine en fertilisant agricole

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OR VERT La start up Toopi Organics, lancée en février dernier en Gironde, veut récupérer l’urine humaine pour la transformer en produits agricoles ou en biomolécules pour différentes industries

 

L’idée de valoriser l’urine humaine pour s’en servir comme fertilisant agricole n’est pas neuve. Au XIXè, des agriculteurs utilisaient déjà des déjections des habitants. Depuis quelques années, elle revient au goût du jour, et quelques initiatives pour structurer une filière commencent à percer, comme celle de Michael Roes, qui travaille sur le sujet depuis plusieurs années.

Après avoir lancé une première entreprise d’engrais biologiques en 2016, MR Organics,il a fondé en février dernier avec deux autres associés  une nouvelle start up, Toopi Organics, à Langon (Gironde), pour valoriser l’urine humaine.

Celle-ci vient de remporter un prix de 65.000 euros de la Fabrique Aviva (initiative de mécénat de l’assureur Aviva France) dans la catégorie environnement et transition énergétique.

« Un non-sens de se débarrasser de l’urine dans l’eau potable »

« L’idée est de créer une filière alternative au tout-à-l’égout pour valoriser l’urine humaine, notamment en fertilisant agricole », raconte Michael Roes. Dans le tout-à-l’égout, l’urine est problématique pour les stations d’épuration et concerne plus généralement la gestion durable de la ressource en eau. La teneur en azote et micropolluants de l’urine favorise notamment le développement d’algues.

« C’est un non-sens de se débarrasser de l’urine dans l’eau potable, soutient Michael Roes, car cela consomme et pollue l’eau. Alors que dans l’urine, on produit tout ce dont on a besoin pour l’agriculture : azote, phosphore et potassium – le triptyque NPK essentiel à la fertilisation. C’est pourquoi notre priorité a été de lancer un projet proposant une solution viable pour les agriculteurs. »

Un biostimulant plus performant que les engrais minéraux conventionnels

Plusieurs produits pourraient voir le jour. « Le premier produit que l’on va fabriquer, c’est un stimulateur de croissance pour augmenter les rendements agricoles, en remplacement des produits minéraux. Nous avons mené des essais concluants avec l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et la chambre d’agriculture. » Deux études menées par l’école Bordeaux Sciences Agro et l’Inra ont montré que le bio stimulant produit par Toopi est plus performant que les engrais minéraux conventionnels (de 60 % à 110 % de biomasse en plus selon l’étude de Bordeaux Sciences Agro).

« On travaille aussi sur un fongicide agricole, et enfin sur la fabrication de biomolécules pour, entre autres, l’industrie pharmaceutique : on fait pousser des bactéries sur l’urine, ce qui va nous donner des molécules très demandées par ces industriels. »

Quelque 30 milliards de litres d’urine humaine par an en France

« Nous allons dans un premier temps récupérer l’urine auprès des loueurs de toilettes sèches, celles que l’on trouve sur les chantiers du BTP par exemple, auprès des laboratoires d’analyse médicale également, ce qui représente à terme 20 millions de litres d’urine. » La société, installée à la pépinière d’entreprises de Langon, vise un volume de collecte d’urine de 4 millions de litres en 2020. Une première unité de transformation d’une capacité de 180.000 litres devrait être installée en Sud-Gironde d’ici la fin de l’année 2019.

« Mais le marché en France, c’est 30 milliards de litres d’urine humaine, et notre ambition, c’est de récupérer entre 10 et 20 % de ce volume. » Comment, sachant qu’au niveau des habitations, l’urine est mélangée aux autres eaux usées ? « En mettant en place une véritable filière alternative au tout-à-l’égout, via de gros collecteurs qui permettent la séparation de l’urine à la source, et à des unités de transformation sur place. »

Il faudra tout de même au préalable obtenir une autorisation de mise sur le marché du produit. Ce qui est espéré pour 2020.

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Du glyphosate pulvérisé sur le blé au Canada? La pratique est légale, mais controversée

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FAKE OFF La pratique, dont l’ampleur est difficile à évaluer, est autorisée. L’herbicide est pulvérisé au moins sept jours avant la récolte, pour éliminer les « mauvaises herbes » présentes dans les champs

 

Du glyphosate pulvérisé sur le blé  canadien ? La pratique a été récemment mise en lumière par un article de 60 millions de consommateurs. Le magazine explique que le pays « autorise la pulvérisation de glyphosate sur le blé cinq jours avant récolte : il meurt comme les mauvaises herbes, donc plus besoin de le faucher et d’attendre qu’il sèche… »

L’article, qui date de mai, a été de nouveau mis en lumière cette semaine sur les réseaux sociaux. Des internautes l’ont partagé, en pointant du doigt la marque Panzani. 60 millions de consommateurs indiquait dans cet article que la marque « achète son blé dur au Canada ».

Panzani a démenti ces informations, en expliquant ne pas acheter de blé dur dans ce pays. « Nous nous sommes engagés pour créer la filière Blé Responsable Français, qui assure 95 % d’approvisionnement en blé français en 2019 et vise à atteindre 0 résidu de pesticides d’ici à 2025 (les 5 % restant provenant d’autres pays de l’UE) », précise le fabricant de pâtes. En 2014, Xavier Riescher, directeur général France de la marque,expliquait que Panzani « s’approvisionne majoritairement en France, en Espagne et au Canada. » Les zones d’approvisionnement avant la mise en place de la filière française « dépendaient des années et des récoltes », détaille Xavier Riescher auprès de 20 Minutes. « Sur les deux dernières années, nous n’avons pas acheté de blé canadien », ajoute-t-il.

FAKE OFF

La pulvérisation de glyphosate sur le blé est une pratique légale au Canada. Il est difficile, toutefois, d’évaluer l’ampleur de cette pratique. Une représentante du gouvernement du Saskatchewan, la principale province productrice de blé, explique à 20 Minutes ne pas conserver de statistiques sur le pourcentage de blé traité avec cet herbicide. Selon Radio-Canada, jusqu’à 70 % du blé de cette province est traité avant la récolte, selon les années. Au Québec, environ un quart des champs avait des traces de passage pré-récolte l’an dernier, a constaté André Comeau, un généticien, ancien du ministère de l’Agriculture du Canada, dont les travaux portent sur la création de blés qui n’ont besoin d’aucun pesticide.

L’année dernière, le Saskatchewan a exporté 3 % de son blé dans l’Union européenne, soit un peu plus de 310.000 tonnes, et seulement 0.00029 %, soit 29 tonnes, en France. Quant au blé dur, aucune tonne n’a été exportée en France en 2018.

Eviter d’obstruer la moissonneuse

Pourquoi utiliser du glyphosate sur le blé avant la récolte ? « Le glyphosate en pré-récolte peut fournir des bénéfices pour la récolte en éliminant toute matière verte à graines qui reste dans le champ, détaille la représentante du Saskatchewan. Autrement, la matière pourrait obstruer la moissonneuse. » Autrement dit, le but est d’éliminer les « mauvaises herbes », pour éviter que celles-ci ne gênent la récolte. Les organisations de céréaliers recommandent de procéder à la récolte au plus tôt sept jours après l’application.

Ces organisations préconisent de pulvériser le produit sur un blé déjà mûr : le glyphosate ne doit pas servir de desséchant qui accélérerait la récolte. Les céréaliers détaillent même la marche à suivre dans une campagne de communication. Le but ? Sensibiliser les agriculteurs aux demandes des différents marchés. Un enjeu vital :  85 % du blé canadienest exporté. Toutefois, le blé traité au glyphosate ne peut pas être exporté partout. Récemment, les Italiens se sont en grande partie détournés du blé canadien.

Des traces de glyphosate relevées dans des échantillons de blé

L’autre avantage de ce traitement en pré-récolte, c’est de « rendre les dates de récolte plus flexibles et de ne pas obliger les producteurs à revenir une semaine après pour terminer les zones à maturité tardive », souligne André Comeau, qui s’oppose à cette pratique. Il met en avant un « paradoxe » : « les blés OGM sont toujours aussi mauvais, mais bien des espèces de grains sont pires ». En effet, certains blés OGM sont résistants au glyphosate, au contraire des blés non-OGM.

D’après une étude menée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments et révélée par Radio-Canada, des traces de glyphosate ont été relevées dans 80 % des échantillons de blé analysés. « Aucun échantillon ne dépassait les limites permises », détaillent nos confrères.

En France, cette application avant la récolte est « rarement pratiquée », développe la Coordination rurale, un syndicat agricole. Un rapport de l’Inra, qui analyse les pratiques de fermes engagées dans une démarche de réduction de l’usage des pesticides, souligneégalement que la pratique est peu répandue.

Vous souhaitez que l’équipe de la rubrique Fake off vérifie une info, une photo ou une vidéo ? Remplissez le formulaire ci-dessous ou écrivez-nous sur Twitter : https://twitter.com/20minFakeOff

 

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