Connect with us

AGRICULTURE

Gironde: Éoliennes, chaufferettes, ballots de paille… Quels sont les moyens (rustiques ou pas) pour éviter le gel dans les vignes?

Publié

le

COUP DE FROID Alors que des températures de -2°C à -4°C ont été enregistrées dans le vignoble bordelais, un spécialiste de la Chambre d’agriculture de la Gironde explique à 20 Minutes les différents moyens d’action à disposition des vignerons

 

Les vignerons font tout ce qu’ils peuvent pour sauver leur récolte alors que les températures oscillent entre -2°C et -4°C au petit matin, ces derniers jours, et que les premières estimations de l’Interprofession font part de 5 à 10 % de pertes de récolte.

« L’idée de tous les moyens de lutte contre le gel, c’est d’augmenter la température dans les vignes, relève Bruno Samie, coordinateur des conseillers viticoles à la Chambre d’agriculture de la Gironde. A partir de -3 °C, on commence à avoir de vrais soucis ».

Les vignes ne sont pas toutes vulnérables de la même façon au gel, cela dépend de leur exposition et aussi de leur enherbement. « Il faut que le niveau d’herbe soit d’une hauteur raisonnable pour ne pas créer une humidité supplémentaire », précise Bruno Samie.

  • Asperger ses vignes d’eau, en continu

C’est une technique difficile à mettre en œuvre puisqu’il faut pouvoir disposer d’une grande réserve d’eau et d’un système de pompage adéquat. Des propriétés de Margaux y ont eu recours. C’est aussi une méthode adoptée par une cave coopérative de Chablis, en Bourgogne, relève Bruno Samie. L’eau doit être diffusée en continu pour éviter qu’elle ne se fige en glace. « C’est un procédé très efficace jusqu’à des températures de -6 °C -7°C mais très lourd à mettre en place, commente le spécialiste. Il faut des autorisations de pompage puisque la consommation est d’environ 40 m3 d’eau par hectare, ce qui est énorme ».

  • Des éoliennes fixes et mobiles pour brasser l’air chaud

Ces « gros ventilateurs » ont pour fonction de ramener l’air chaud vers les plants de vignes pour augmenter la température globale dans le vignoble. Les éoliennes font une dizaine de mètres de haut et la plupart sont mobiles. Des vignobles de Pessac-Léognan et de Saint-Emilion y ont recours. « L’hélicoptère c’est le même principe mais c’est plus cher et plus difficile à organiser, notamment vis-à-vis des riverains », note Bruno Samie.Le Château d’Arsac en a déployé trois au-dessus de son vignoble de 110 hectares dimanche et lundi. L’hélicoptère peut « réchauffer » 20 à 30 hectares contre 5 hectares pour une éolienne.

  • ​Des chaufferettes et ballots de paille

Les chaufferettes sont des sortes de grosses bougies dispatchées dans les rangs de vigne qui fonctionnent à base de bûches calorifiques. Elles sont efficaces jusqu’à des températures de – 4 °C et certaines peuvent faire l’objet d’un allumage automatique. Les ballots de paille et de bois restent les solutions les plus rustiques et les plus fastidieuses à mettre en place. « Il faut obtenir une autorisation en préfecture car l’écobuage est interdit, rappelle Bruno Samie. Et, il ne faut pas que les températures soient trop basses ».

Ces derniers jours, un peu tous les secteurs du Bordelais ont été touchés par le gel. L’évaluation des dégâts est encore en cours. L’interprofession estime que les pertes de récolte constatées seront sans conséquences marquées sur la récolte globale.

« A Sancerre ou dans les Pays de la Loire, il gèle tous les ans, les vignerons y sont habitués », remarque le coordinateur. Les viticulteurs bordelais de plus en plus soumis aux caprices climatiques vont peut-être devoir en prendre de la graine.

Continuez la lecture
Ajoutez un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

AGRICULTURE

Nouvelle Aquitaine : Elles transforment les résidus de céréales des brasseurs en crackers

Publié

le

ECOLOGIE En janvier 2018, Marie Kerouedan et Nathalie Golliet ont fondé l’entreprise Resurrection qui transforme les résidus issus de la fabrication de la bière en biscuits croustillants. Elles viennent de lever 800.000 euros pour diversifier leur gamme de produits

 

En croquant des biscuits de l’entreprise « Resurrection », vous vous mettez sous la dent des résidus de céréales issus de la fabrication de bières artisanales qui étaient destinées à la poubelle ou à l’alimentation animale. Grâce à Marie Kerouedan et Nathalie Golliet, ils sont venus nourrir un projet lancé en janvier 2018 à Bordeaux et qui prend un nouvel élan avec une levée de fonds de 800.000 euros.

Les drêches, résidus du brassage de céréales, sont utilisés pour confectionner des biscuits.
Les drêches, résidus du brassage de céréales, sont utilisés pour confectionner des biscuits. – Floriane Martin

L’idée est née en 2017 dans l’esprit de Marie Kerouedan, alors en fonction dans un bureau d’études sur les systèmes d’alimentation durable, pendant qu’elle effectuait un stage dans une brasserie artisanale. « J’ai mesuré qu’il y avait un gisement de déchets dans la production de bière, explique-t-elle. Et constaté aussi que ces drèches, résidus d’orge malté, sentent bon le caramel et la tartine grillée ».

Elle repart de son stage avec des échantillons sous le bras et passe un an à faire des tests en lien avec Nathalie Golliet, qui deviendra son associée dans l’aventure « Resurrection ». Rapidement sur la piste de biscuits à grignoter à l’apéritif, elles font goûter avec succès leurs recettes autour d’elles.

Une usine partagée en Dordogne

En 2017, un crowdfunding leur permet de réunir 19.000 euros et de se lancer dans la création d’une entreprise de transformation de ces drèches. Depuis janvier 2018, la société est accompagnée par le Campement, la pépinière de Darwin. Elle propose deux gammes de recettes, l’une à base des drèches issues de brasseries biologiques et l’autre de marc de pommes de cidreries, biologiques elles aussi.

L’entreprise est devenue propriétaire d’une ligne de production adaptée à ses crackers, au sein de l’usine de biscottes La Chanteracoise, en Dordogne, sur laquelle travaille un ingénieur production. Les crackers aux goûts variés (figue et noix, blé ancien et olive noire etc.) sont commercialisés dans 250 à 300 points de vente. Des magasins bio mais aussi des épiceries et des crémeries. Une gamme « en vrac » est également en cours de développement auprès des cafés, hôtels et restaurants.

La collecte des drèches restant « à inventer », la réutilisation de ce coproduit n’a pas encore un impact positif sur le prix des crackers Resurrection. « Il y a les normes de qualité et d’hygiène à prendre en compte aussi, ce qui fait que cela revient plus cher pour l’instant mais il y a des économies d’échelle à faire », pointe Marie Kerouedan.

Soutenue par le poids lourd de l’agroalimentaire Le Duff (Brioche dorée, Del arte etc.), Charente Périgord Expansion, la communauté de dirigeants et d’entrepreneurs « Le Club des Prophètes » et le groupe Triballat Noyal notamment, « Resurrection » ne veut pas en rester là. « On veut développer la recherche sur des dizaines de coproduits (résidus des processus de fabrication) dans un contexte de raréfaction des ressources », souligne Marie Kerouedan. Elle espère proposer de nouveaux produits dès 2021.

Continuez la lecture

AGRICULTURE

Déviation routière près de Bordeaux : « La politique du tout voiture l’emporte toujours, alors que ça ne fonctionne pas »

Publié

le

AMENAGEMENT Environ 150 militants écologistes, dont le mouvement Extinction Rebellion, ont manifesté ce dimanche en Gironde sur le chantier de la déviation routière du Taillan-Médoc, qui vient tout juste de démarrer

 

Vingt degrés un 2 février… Le temps idéal pour mobiliser les troupes à l’occasion d’une manifestation contre un projet de déviation routière près de Bordeaux. Et l’occasion de rappeler pour ces militants écologistes, que « le réchauffement climatique ce n’est pas que le délire de quelques collapsologues… »

Environ 150 manifestants se sont rendus ce dimanche sur les lieux du projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde
Environ 150 manifestants se sont rendus ce dimanche sur les lieux du projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde – Mickaël Bosredon/20 Minutes

Ce dimanche midi, quelque 150 personnes se sont donc réunies à Saint-Aubin-De-Médoc, aux confins de la métropole de Bordeaux, point de départ de la fameuse « déviation routière du Taillan-Médoc » dont les travaux viennent tout juste de démarrer. A l’appel d’ Extinction Rebellion, ANV (Action Non-Violente) COP 21, et d’associations environnementales locales comme Natur’Jalles, ces militants sont venus dire, dans le calme, leur opposition à ce projet qui va selon eux fortement impacter les sols, les cours d’eau et la biodiversité du secteur.

Manifestation de militants écologistes contre le projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde, le 2 février 2020.
Manifestation de militants écologistes contre le projet de déviation routière du Taillan-Médoc, en Gironde, le 2 février 2020. – Extinction Rebellion

Sous le regard de quelques gendarmes, les manifestants ont formé une chaîne humaine pour dessiner les mots « SOS » et « STOP ». « L’idée avec cette action symbolique est de soutenir les recours juridiques déposés contre ce projet par les associations Natur’Jalles et France Nature Environnement, et d’alerter les magistrats qui vont examiner ce dossier le 12 février, explique Elodie, d’Extinction Rebellion Bordeaux. Nous voulons que ce projet soit remis à plat, et nous ne nous arrêterons pas là si jamais la décision du 12 ne nous est pas favorable. »

mibosredon@mibosredon

« Nous sommes le vivant nous sommes la nature qui se défend » scandent les manifestants contre le projet de déviation routière du Taillan-Medoc en #Gironde #Bordeaux #environnement #route

Vidéo intégrée

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
Voir les autres Tweets de mibosredon

Déjà plusieurs recours par le passé

Ce nouveau recours, c’est un peu la tuile pour les porteurs du projet – le conseil départemental de la Gironde et la maire du Taillan-Médoc Agnès Versepuy – qui pensaient bien en avoir enfin fini avec la contestation. Ce dossier vieux de plus de 30 ans, a en effet déjà connu son lot de recours et d’annulations devant le tribunal administratif, en raison de la menace qu’il fait porter sur l’habitat naturel d’une centaine d’espèces animales (papillons, batraciens…), dont certaines sont menacées de disparition.

Après avoir revu sa copie, réduit une partie de l’infrastructure, et compensé une partie des destructions par la création de nouveaux habitats naturels, le conseil départemental, qui a obtenu en septembre dernier le feu vert du conseil national de la protection de la nature (CNPN), puis celui de la préfecture de la Gironde, se disait cette fois-ci confiant pour mener à bien la réalisation de ce nouveau barreau routier de 8 km. Assurant avoir désormais toutes les garanties environnementales, les premiers coups de pioche étaient donnés en novembre.

Une menace pour l’eau potable ?

Mais patatras, le 23 janvier dernier, Natur’Jalles et FNE Nouvelle Aquitaine déposaient un nouveau recours en annulation auprès du tribunal administratif de Bordeaux pour contester la décision de la préfète de la Gironde. Et les deux associations d’exiger l’arrêt des travaux.

Pour apporter de l’eau à leur moulin, elles s’appuient de surcroît sur un nouveau rapport, commandé à un géologue, qui affirme que ce projet fait peser une menace de pollution sur une source d’eau potable qui alimente en partie la métropole de Bordeaux. Ce que le conseil départemental réfute.

La goutte d’eau…

Quoi qu’il en soit, ce nouvel élément est en train de susciter une mobilisation contre le projet plus large que jamais. Extinction Rebellion reconnaît ainsi que ce nouveau rapport, c’est un peu la goutte d’eau… « Cela a été pour nous l’élément déclencheur, car désormais toute la métropole est concernée, et XR ne peut pas laisser passer ça, poursuit Elodie. Mais nous ne sommes pas pour autant que des bobos bordelais, et tout le principe de biodiversité nous concerne, sur tous les territoires. »

Le mouvement écologiste dénonce d’une manière plus générale « la politique du tout voiture qui l’emporte toujours, alors que l’on sait que cela ne fonctionne pas : plus il y a de routes, plus il y a de lotissements, plus il y a de trafic… »

Plus de 1.000 camions traversent chaque jour la ville du Taillan

Pourtant, les habitants du Taillan-Médoc, qui voient leur commune traversée chaque jour par 20.000 véhicules, dont 1.000 à 1.500 camions, sont très majoritairement favorables à ce projet qu’ils attendent de longue date. « Aujourd’hui il y a une thrombose très importante au Taillan, il faut agir pour la vie de ces habitants », expliquait ainsi Alain Renard, vice-président du conseil départemental, à 20 Minutes en novembre dernier. L’élu met aussi en avant « l’enjeu pour toute la liaison entre le Médoc et la métropole » que représente cette déviation.

Le projet de déviation routière du Taillan, entre Saint-Aubin-de-Médoc et Arsac, prévoit la construction d'un barreau routier de 8 km.
Le projet de déviation routière du Taillan, entre Saint-Aubin-de-Médoc et Arsac, prévoit la construction d’un barreau routier de 8 km. – Mickaël Bosredon/20 Minutesckaël Bosredon/20 Minutes

« Je comprends les habitants du Taillan, assure Elodie d’Extinction Rebellion, mais je pense que l’on n’a pas assez étudié d’autres solutions, avec des routes existantes. Surtout, en construisant une nouvelle déviation, on ne s’attaque pas à la racine du problème ; il vaudrait mieux réfléchir sérieusement à relancer le fret. »

Le conseil départemental, espère de son côté que le tribunal administratif ne lui mettra pas de nouveau des bâtons dans les roues, et qu’il pourra achever son chantier pour 2022 comme c’est envisagé. Au mieux.

Continuez la lecture

AGRICULTURE

Nouvelle Aquitaine : Elles transforment les résidus de céréales des brasseurs en crackers

Publié

le

ECOLOGIE En janvier 2018, Marie Kerouedan et Nathalie Golliet ont fondé l’entreprise Resurrection qui transforme les résidus issus de la fabrication de la bière en biscuits croustillants. Elles viennent de lever 800.000 euros pour diversifier leur gamme de produits

 

n croquant des biscuits de l’entreprise « Resurrection », vous vous mettez sous la dent des résidus de céréales issus de la fabrication de bières artisanales qui étaient destinées à la poubelle ou à l’alimentation animale. Grâce à Marie Kerouedan et Nathalie Golliet, ils sont venus nourrir un projet lancé en janvier 2018 à Bordeaux et qui prend un nouvel élan avec une levée de fonds de 800.000 euros.

Les drêches, résidus du brassage de céréales, sont utilisés pour confectionner des biscuits.
Les drêches, résidus du brassage de céréales, sont utilisés pour confectionner des biscuits. – Floriane Martin

L’idée est née en 2017 dans l’esprit de Marie Kerouedan, alors en fonction dans un bureau d’études sur les systèmes d’alimentation durable, pendant qu’elle effectuait un stage dans une brasserie artisanale. « J’ai mesuré qu’il y avait un gisement de déchets dans la production de bière, explique-t-elle. Et constaté aussi que ces drèches, résidus d’orge malté, sentent bon le caramel et la tartine grillée ».

Elle repart de son stage avec des échantillons sous le bras et passe un an à faire des tests en lien avec Nathalie Golliet, qui deviendra son associée dans l’aventure « Resurrection ». Rapidement sur la piste de biscuits à grignoter à l’apéritif, elles font goûter avec succès leurs recettes autour d’elles.

Une usine partagée en Dordogne

En 2017, un crowdfunding leur permet de réunir 19.000 euros et de se lancer dans la création d’une entreprise de transformation de ces drèches. Depuis janvier 2018, la société est accompagnée par le Campement, la pépinière de Darwin. Elle propose deux gammes de recettes, l’une à base des drèches issues de brasseries biologiques et l’autre de marc de pommes de cidreries, biologiques elles aussi.

L’entreprise est devenue propriétaire d’une ligne de production adaptée à ses crackers, au sein de l’usine de biscottes La Chanteracoise, en Dordogne, sur laquelle travaille un ingénieur production. Les crackers aux goûts variés (figue et noix, blé ancien et olive noire etc.) sont commercialisés dans 250 à 300 points de vente. Des magasins bio mais aussi des épiceries et des crémeries. Une gamme « en vrac » est également en cours de développement auprès des cafés, hôtels et restaurants.

La collecte des drèches restant « à inventer », la réutilisation de ce coproduit n’a pas encore un impact positif sur le prix des crackers Resurrection. « Il y a les normes de qualité et d’hygiène à prendre en compte aussi, ce qui fait que cela revient plus cher pour l’instant mais il y a des économies d’échelle à faire », pointe Marie Kerouedan.

Soutenue par le poids lourd de l’agroalimentaire Le Duff (Brioche dorée, Del arte etc.), Charente Périgord Expansion, la communauté de dirigeants et d’entrepreneurs « Le Club des Prophètes » et le groupe Triballat Noyal notamment, « Resurrection » ne veut pas en rester là. « On veut développer la recherche sur des dizaines de coproduits (résidus des processus de fabrication) dans un contexte de raréfaction des ressources », souligne Marie Kerouedan. Elle espère proposer de nouveaux produits dès 2021.

Continuez la lecture

Trending

Copyright © 2019 www.bordeaux24.fr