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«Ecole de la confiance»: Pourquoi le devoir «d’exemplarité» prévu dans le projet de loi horripile les profs

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EDUCATION L’article 1 du projet de loi pour une école de la confiance est interprété comme une volonté de museler les profs 

 

C’est le premier article du projet de loi pour une école de la confiance et il ne passe pas toujours chez les enseignants. Voté en première lecture par l’Assemblée nationale en février, le texte sera examiné au Sénat à partir du 14 mai. Mais début mai, le projet de loi Blanquer a été largement remanié en commission par le Sénat.

Et l’article 1 a été retouché. Dans sa version initiale, il indiquait que « la qualité du service public de l’éducation dépend de la cohésion de la communauté éducative autour de la transmission de connaissances et de valeurs partagées. Cela signifie, pour les personnels, une exemplarité dans l’exercice de leur fonction et, pour les familles, le respect de l’institution scolaire, dans ses principes comme dans son fonctionnement ». Des mots qui ont mis le feu aux poudres, certains syndicats enseignants ayant vu dans cette injonction à l’exemplarité, une volonté de réduire leur liberté d’expression.

Jean-Michel Blanquer se défend de vouloir « museler » les profs

Ce qu’a récusé le ministre de l’Education, affirmant qu’il ne voulait pas « toucher en quoi que ce soit au devoir de réserve ». Les trois groupes de gauche à l’Assemblée ont tenté de supprimer cet article, dénonçant une volonté de « museler » les profs. Mais Jean-Michel Blanquer a défendu cette mesure « de principe », en reprochant à ses détracteurs de droite comme de gauche d’« entretenir » la crise de défiance que connaît le pays.

Une polémique qui a poussé les sénateurs à adoucir les propos dans la nouvelle version de l’article : « L’engagement et l’exemplarité des personnels de l’éducation nationale confortent leur autorité dans la classe et l’établissement et contribuent au lien de confiance qui unit les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique le respect des élèves et de leur famille à l’égard des professeurs, de l’ensemble des personnels et de l’institution scolaire », indique-t-il.

Une formulation atténuée par le Sénat

« Dans le texte initial, la notion d’exemplarité était très liée aux droits et devoirs des enseignants. Dans notre version, le sens du mot a évolué : les professeurs doivent se montrer exemplaires vis-à-vis des élèves et c’est cette exemplarité qui conforte le respect dû à leur autorité », explique Max Brisson, sénateur (LR) et rapporteur du projet de loi. « Les sénateurs ont clairement changé de cap. Ils ont voulu insister dans cet article sur le respect qui est dû aux enseignants, dans un contexte de dégradation du climat scolaire et d’augmentation des violences contre le corps éducatif. Du coup, c’est devenu un article de loi de circonstance », estime de son côté, Marc Vannesson, délégué général de VersLeHaut, un think thank éducatif qui se définit comme non partisan.

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On vaulx mieux@onvaulxmieux69

ACTE I scène 4
Rectorat de Lyon ————-Vente aux enchères de l’école publique. Le devoir d’exemplarité.
———-⁦⁦@jmblanquer

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Mais cette nouvelle formulation ne semble pas avoir calmé les inquiétudes des profs, à l’instar de Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa : « Cet article introduit un signal politique à peine amoindri par la nouvelle formulation. Il insiste sur les notions d’autorité et d’exemplarité des enseignants et donne un sentiment de suspicion à leur égard ». Un avis partagé par Frédérique Rolet, secrétaire générale du syndicat enseignant Snes-Fsu : « Cet article est comme un signal donné aux enseignants, en leur rappelant leur devoir de réserve et en leur sous-entendant qu’ils ne doivent pas critiquer la politique de leur ministre. D’ailleurs, l’étude d’impact du projet de loi évoque clairement les personnels de la communauté éducative qui dénigrent « par des propos gravement mensongers ou diffamatoires leurs collègues et de manière générale l’institution scolaire » ». Des réactions un peu exagérées selon Marc Vensson : « Le devoir de réserve des fonctionnaires est défini par la loi du 13 juillet 1983 et l’article 1 de la loi Banquer n’ajoute rien juridiquement ».

Reste à savoir si cet article tant commenté subira encore un lifting lors de la navette parlementaire. « S’il reste en l’état, il demeurera un élément de crispation pour les enseignants qui le considéreront comme un signe de défiance », prévient Stéphane Crochet.

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Ce dictionnaire en ch’ti « souhaite casser le mépris de classe vis-à-vis de cette langue »

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DICTIONNAIRE Benjamin Valliet, professeur des écoles à Lille, vient de publier un dictionnaire humoristique des expressions de la langue picarde

 

Benjamin Valliet est un artisan pluridisciplinaire, comme ce professeur des écoles aime à se décrire. Musicien sous le nom de Jneb, au sein du groupe nordiste Mascarade, il multiplie aussi les livres. Son quatrième ouvrage édité se nomme Ichi, on parle comme cha (La Voix Editions) et s’amuse à décortiquer, avec humour, des expressions du Nord. On ne dit pas : « Ne restez pas ainsi sur le pas de la porte, veuillez vous donner la peine d’entrer dans mon humble demeure ! ». En bon patois, on dit « Reste pas à l’cour, intre ! ».

Parlez-nous de ce livre.

Il rassemble 300 expressions qui sont de plus en plus inusitées, car la langue se perd. La caractéristique, c’est que le ch’ti est moqueur, mais gentil. A chaque fois, je donne une traduction française dans un langage châtié, un peu décalé. Un peu comme le faisait Dany Boon dans Bienvenue chez les ch’tis. Le livre est divisé en chapitre thématique.

Des thèmes reviennent plus souvent que d’autres…

On s’aperçoit que beaucoup d’expressions tournent autour du « trou d’balle ». C’est une caractéristique du ch’ti. Pour parler d’une personne prétentieuse, on va dire, par exemple, qu’« elle prend son trou de balle pour l’entrée d’une cathédrale ». Il a fallu choisir et trouver une cohérence.

Comment avez-vous procédé ?

Je fais se télescoper deux mondes. Une lutte des classes linguistique, en quelque sorte, dans laquelle je souhaite casser le mépris de classe vis-à-vis de cette langue. L’objectif, c’est de dépoussiérer le bazar pour les jeunes générations. Ce n’est ni pompeux, ni érudit. Ça s’adresse à des gens qui ne sont pas forcément lecteurs. C’est typiquement le bouquin qu’on met dans les toilettes et dans lequel on va piocher.

Qu’est ce qui vous a intéressé dans ce travail ?

Je viens du monde ouvrier. Je ne sais pas où je vais, mais je sais d’où je viens. Il m’est arrivé de travailler avec des jeunes en difficulté et j’adore les cultures souterraines. J’ai des origines ardennaises et quand je suis arrivé dans le Nord à l’âge de 17 ans, j’ai été accueilli à bras ouverts. Je voulais remercier ma patrie d’adoption qui cultive plusieurs valeurs : l’amitié, la famille, le partage, le goût de la fête et de l’effort. Ce livre réunit humour et langue française qui sont, en général, le dénominateur commun de mes ouvrages.

Comment avez-vous travaillé ?

J’ai une formation d’historien. J’avoue avoir utilisé Internet pour retrouver certaines expressions. Mais je suis aussi allé faire le rat de bibliothèque. C’est difficile car il n’y a pas de langue écrite. Le ch’ti rejoint un peu l’argot et parfois, les expressions se ressemblent, notamment avec la référence aux animaux. Il n’y a que le nom de l’animal qui varie. Dans le Nord, on dit, par exemple, « curieux comme eun’ maguette », c’est-à-dire une chèvre.

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Bordeaux : Blanquer dénonce un « nouveau maccarthysme » après l’annulation d’un débat avec Sylviane Agacinski

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UNIVERSITE MONTAIGNE L’université de Bordeaux Montaigne avait annulé l’événement avec la philosophe en raison « de menaces violentes » en amont

 

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a dénoncé ce mercredi « une sorte de nouveau maccarthysme » après l’annulation la semaine dernière à Bordeaux d’une conférence-débat avec la philosophe Sylviane Agacinski, opposante à la PMA pour toutes les femmes et à la GPA.

Cette conférence-débat, prévue le 24 octobre dernier à l’université Montaigne de Bordeaux, avait pour thème « l’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique » Selon l’université, « des groupes ont décidé d’empêcher la tenue d’un échange légitime et évidemment contradictoire sur ces questions d’ordre éthique et juridique dans le contexte des débats actuels sur la PMA et la GPA [gestation pour autrui] ».

Pas d’accord avec elle mais prêt à débattre

Pour Jean-Michel Blanquer, « ce qui s’est passé à Bordeaux est absolument inacceptable, et ça doit nous alerter car ce n’est pas un mouvement spécifiquement français, c’est une sorte de nouveau maccarthysme qui fait que l’on veut s’attaquer à la liberté d’expression », a-t-il dénoncé au Sénat. « Chacun sait que ce que veut défendre Mme Agacinski ne correspond pas aux positions du gouvernement. Nous ne sommes pas d’accord avec elle mais nous serions prêts à nous battre pour qu’elle puisse s’exprimer », a-t-il poursuivi.

20minutesbordeaux@20minutesbord

Bordeaux : Sous la pression, l’université annule la conférence de Sylviane Agacinski http://dlvr.it/RGtl0c  via @20minutesBord

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Le ministre a estimé qu’« il est triste de voir qu’on enrôle la jeunesse parfois dans des manifestations d’intolérance qui consistent à empêcher qu’une manifestation de ce genre ait lieu ». Début octobre, plusieurs organisations, dont « Riposte Trans », « Association des jeunes et étudiant-e-s LGBT de Bordeaux », « Solidaires étudiant-e-s », « Collectif étudiant-e-s anti-patriarcat » avaient dénoncé dans un communiqué une « tribune » offerte à une conférencière aux positions « réactionnaires, transphobes et homophobes ».

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Montpellier: Une école primaire fermée après une invasion de puces

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SANTE Les cours ne reprendront que jeudi, indique la commune

 
La rentrée scolaire dans une école primaire (Illustration). — S. Salom-Gomis / Sipa

L’école primaire Germaine-Richier, dans le quartier Ovalie, à  Montpellier (Hérault), est fermée depuis mardi et les cours ont été suspendus. En cause, une invasion de puces dans l’établissement, pour une raison inconnue.

Selon la commune, une entreprise spécialisée est intervenue vendredi dernier pour tenter d’éradiquer les bestioles. Une deuxième désinfection est prévue ce mercredi.

Déjà, des araignées-loups en octobre

« Le produit mettant 3 à 4 heures pour agir, les cours reprendront jeudi », indiquent les services de la ville. Par ailleurs, l’accueil de loisirs ne pourra pas être assuré sur le site ce mercredi, les enfants seront accueillis dans des établissements avoisinants.

En octobre dernier, sept classes d’une école élémentaire avaient déjà été fermées après la découverte d’araignées-loups, dans ce même quartier de Montpellier.

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