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Alimentation

BIODIVERSITE Alors que la 24e conférence sur les changements climatiques s’ouvre ce lundi en Pologne, « 20 Minutes » s’intéresse aux conséquences directes du réchauffement sur nos régions. En Nouvelle Aquitaine, les ressources halieutiques devraient connaître un vrai bouleversement…

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BIODIVERSITE Alors que la 24e conférence sur les changements climatiques s’ouvre ce lundi en Pologne, « 20 Minutes » s’intéresse aux conséquences directes du réchauffement sur nos régions. En Nouvelle Aquitaine, les ressources halieutiques devraient connaître un vrai bouleversement…

 

La région Nouvelle-Aquitaine pourrait être l’une des régions françaises les plus directement concernées par les effets du changement climatique. Ainsi, le conseil régional a-t-il pris les devants, et sous la coordination du climatologue Hervé Le Treut, il a missionné un conseil scientifique sur la question. On y apprend notamment que la région pourrait connaître, d’ici à 2050, le climat rencontré aujourd’hui en Andalousie.

Cette hausse de la température a déjà des effets directs sur le littoral océanique, et les ressources halieutiques. « Outre l’augmentation de la température de l’eau, les signaux principaux que l’on observe sont une modification des apports d’eau douce [en provenance des rivières], et une modification des sources de nourriture disponibles », analyse Nathalie Caill-Milly, de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer).

« On voit désormais la baudroie au niveau de l’Islande »

Les conséquences déjà observées et qui risquent de s’amplifier dans les dix prochaines années, « ce sont des changements de distribution spatiale. » Par exemple, sur la base de campagnes scientifiques annuelles, « on a pu observer que les poissons plats à affinité “eau froide” vont plutôt remonter vers le nord, et ceux à affinité “eau chaude” vont arriver. Ainsi, les indicateurs de présence montrent une tendance à la hausse pour le céteau, un poisson plat que l’on pêche depuis longtemps chez nous, et qui est plus à affinité “eau chaude”, au contraire de la limande qui se déplace vers le nord. Pour la sole, c’est le statu quo », détaille la scientifique.

Pour les autres poissons, on observe un déplacement vers le nord de la zone de ponte du maquereau. Idem pour la baudroie (lotte), une espèce importante pour les pêcheries régionales : « On en voit apparaître au niveau de l’Islande, en raison de l’augmentation de la température des fonds islandais. »

« Le requin-marteau déjà observé dans les eaux régionales »

Derrière ces observations scientifiques, se dessinent déjà de grands enjeux économiques. « La gestion de la pêche se fait spatialement avec des répartitions géographiques, rappelle Nathalie Caill-Milly, et les Néoaquitains n’ont pas les droits d’accès sur ces zones du nord où nombre d’espèces sont en train de se décaler. »

Mais, si le réchauffement fait fuir des espèces vers le nord, en fait-il venir de nouvelles dans nos eaux ? Les pêcheurs ont effectivement fait remonter des captures « inhabituelles » ces dernières années. « Nous voyons apparaître des espèces comme la carangue-coubali, la sériole-limon, le tétraodon ( ou poisson-coffre), et nous avons même eu récemment quelques captures de requins-marteaux. Un plongeur a aussi observé un grondeur rayé africain au large de Biarritz, souligne-t-elle. Ce sont des espèces nouvelles, que l’on trouve d’habitude bien plus au sud, mais elles ne sont pas encore suffisamment en nombre pour remplacer les espèces qui se déplacent vers le nord. »

S’habituer aussi à consommer des espèces locales aujourd’hui ignorées

Certaines « nouvelles » espèces sont toutefois désormais bien installées. « Depuis une dizaine d’années maintenant, on observe ainsi dans nos eaux la dorade coryphène. On en voit désormais régulièrement l’été sur les étals de Cap Breton par exemple », note Nathalie Caill-Milly.

Si le consommateur risque, d’ici une dizaine d’années, de trouver de nouvelles espèces sur les étals régionaux, il faudra aussi qu’il s’habitue à des espèces locales peu consommées jusqu’ici. « On a tendance à s’intéresser aux espèces “nobles” comme la sole, or, il y a tout un tas d’espèces, comme le tacaud ou la vive, qui sont capturées durant les pêches et qu’il va falloir valoriser pour diminuer le gâchis. Et ce sont de très bons poissons ! En tant que citoyens, on se doit de se poser des questions sur ce que l’on mange, et s’intéresser à d’autres espèces locales. »

Vers un changement des saisonnalités

Concernant le cas particulier de l’ostréiculture – très importante dans la région puisque les sites d’Arcachon et Marennes-Oléron représentent 58 % des huîtres commercialisées en France –, le rapport AcclimaTerra de la région ne se montre pas alarmiste. « L’acidification des océans ne paraît pas, à ce jour, de nature à perturber notablement la production de naissains. »

En revanche, le rapport relève que les pontes dans le bassin d’Arcachon surviennent désormais « un mois plus tard que par le passé. » « L’université de Bordeaux a montré que l’augmentation de température favorise le développement d’un phytoplancton moins nutritif que le phytoplancton traditionnel, et l’huître va mettre plus de temps à acquérir ses réserves nécessaires à la ponte », confirme Nathalie Caill-Milly. « Le changement des saisonnalités sera une des autres conséquences du réchauffement climatique… », relève encore la scientifique.

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Bordeaux : Philippe Etchebest va faire appel après l’annulation du permis de construire de son nouveau projet

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URBANISME Le chef bordelais a annoncé qu’il allait faire appel, après que le tribunal administratif a annulé le permis de construire déposé pour des travaux sur un immeuble des Chartrons

 

Une semaine après la décision du tribunal administratif de Bordeaux, d’annuler le permis de construire du nouveau projet de restauration du chef Philippe Etchebest dans le quartier des Chartrons, ce dernier a indiqué dans une interview à France 3 qu’il allait faire appel. « J’ai demandé à mon conseil de faire appel de la décision du tribunal administratif, qui j’en suis sûr n’avait visiblement pas tous les éléments en mains. Et, en attendant, les travaux sont arrêtés » a indiqué le chef étoilé, qui tient un autre établissement à Bordeaux, Le Quatrième Mur place de la Comédie.

Le tribunal administratif a décidé le 31 octobre d’annuler le permis de construire sur l’immeuble de la place des Chartrons, dans lequel Philippe Etchebest effectue des travaux depuis le début de l’année. La juridiction a estimé que « les plans joints font apparaître une toiture plate sur la partie arrière de la construction, alors que les photographies aériennes démontrent l’existence d’une pente. » En pleine zone protégée, c’est le genre de détail qui ne passe pas…

L'immeuble rue Rode, sur la place des Chartrons, qui accueillera le nouveau concept de Philippe Etchebest.
L’immeuble rue Rode, sur la place des Chartrons, qui accueillera le nouveau concept de Philippe Etchebest. – Mickaël Bosredon/20 Minutes

Selon Sud Ouest qui avait révélé l’affaire, le tribunal administratif a aussi estimé que « les travaux de démolition de la quasi-totalité de l’intérieur de la construction existante étaient non autorisés par le permis de construire » et ont d’ailleurs fait l’objet d’un PV d’infraction dressé par la mairie de Bordeaux.

Les travaux battent leur plein dans l'immeuble bordelais racheté par Philippe Etchebest, où il va ouvrir un nouveau restaurant.
Les travaux battent leur plein dans l’immeuble bordelais racheté par Philippe Etchebest, où il va ouvrir un nouveau restaurant. – Philippe Etchebest

« Des experts ont estimé qu’il fallait faire ces travaux pour sécuriser le site »

« J’ai fait l’acquisition de cet immeuble avec mon épouse, et pour les travaux nous avons fait appel à un cabinet d’architectes réputé à Bordeaux, a rappelé Philippe Etchebest à France 3. Un permis de construire a été déposé et validé par la mairie. Suite à cela, un voisin a fait un recours, et ce monsieur m’a demandé de l’indemniser à cause de ces travaux ! (…) Je n’ai pas accepté, et on a fait les travaux. Il se trouve qu’à un moment donné, il y a eu des démolitions de faites, peut-être au-delà, mais des experts indépendants et l’entreprise Fayat ont estimé qu’il fallait faire ces travaux pour sécuriser le site. »

Le projet de Philippe Etchebest dans cet immeuble, prévoit selon lui « un restaurant gastronomique et une forme de restauration rapide accessible à tous », ainsi qu’une épicerie et terrasse privative sur le toit.

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Alimentation

Bordeaux : Une vente aux enchères de grands vins au bénéfice de la Banque Alimentaire

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SOCIAL La vente aura lieu ce jeudi à l’hôtel des ventes de Bordeaux Sainte-Croix

 

Comme chaque année, une vente aux enchères publiques de grands vins de Bordeaux est organisée au profit de la Banque alimentaire de la Gironde. Elle aura lieu ce jeudi 7 novembre à partir de 18 h, chez Briscadieu, Hôtel des ventes Bordeaux Saint-Croix, 12-14, rue Peyronnet à Bordeaux.

Les 131 lots qui seront proposés aux enchères proviennent des dons des propriétaires de châteaux et négociants de la place de Bordeaux. Exceptionnellement les frais de vente sont de 3 % TTC en plus des enchères et couvrent seulement les frais de publicité et de communication. La vente se fera également en direct sur Internet. L’inscription préalable est obligatoire sur www.interencheres-live.com

Le montant de cette vente est intégralement reversé à la Banque Alimentaire de la Gironde qui approvisionne 130 associations et centres communaux d’action sociale (CCAS). Ces structures s’adressent à environ 18.000 Girondins en situation précaire

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Bordeaux : L’appétit pour le véganisme a gagné les commerces de la ville

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ALIMENTATION VEGETALE Alors qu’il était difficile pour les végans, il y a quelques années, de trouver des plats adaptés dans les restaurants bordelais, les commerces s’y multiplient depuis deux à trois ans

 

 A l’ouverture, la communauté végane s’est ruée dans le restaurant », se souvient Mélissa Astier, gérante de l’établissement végan Munchies, installé dans le quartier de la Victoire à Bordeaux.

Il faut dire qu’à l’époque, en septembre 2016, il n’y avait pas beaucoup de restaurants pour les adeptes d’un régime alimentaire sans aucun produit animal. « On a été les premiers à proposer une partie street-food avec des sandwichs, hot-dogs (avec saucisses véganes), paninis etc. en continu, jusqu’à 16 heures ou 18 heures selon les jours », précise la gérante.

Un engouement pour les commerces végans

Plus de trois ans plus tard, les commerces végan ont fleuri à une assez grande vitesse dans la capitale girondine. Si l’on en croit Holidu, moteur de recherche de locations de vacances, qui vient de publier un classement, Bordeaux arrive en deuxième position des villes de France qui offrent le plus de restaurants végétaliens par habitant.  Selon le site happycow, utilisé par Holidu pour son étude, on compte sept restaurants 100 % végan sur Bordeaux et 27 si on y ajoute les restaurants qui proposent une option végane à leur carte.

Le traiteur Sweet Greens a trouvé son rythme de croisière moins d'un an après son lancement.
Le traiteur Sweet Greens a trouvé son rythme de croisière moins d’un an après son lancement. – Sweet Greens

« On est encore dans une phase d’extension et on réfléchit à recruter car il y a trop à faire », explique Marjorie Zerbib, gérante de Sweet Greens, une société de traiteur végan qui s’est lancée il y a moins d’un an, en janvier 2019, sur toute la Gironde. Mariages, crémaillères, buffets, dîners de gala, séminaires etc. remplissent l’agenda de la jeune entreprise pour laquelle le bouche-à-oreille a vite fonctionné.

En février 2018, « Un jour vert », une boutique bordelaise 100 % végan proposant des cosmétiques, des vêtements, du vrac, de l’alimentaire a ouvert rue de Cheverus. Son gérant, Wilhem, est en plein travaux pour emménager dans un lieu trois fois plus grand pour faire face à la demande. Il y proposera 2.000 références contre 600 dans l’ancienne boutique. « Je suis sollicité tous les jours par des clients qui me demandent la date d’ouverture. Je ne la connais pas encore mais j’espère que ce sera aux alentours de la mi-novembre », explique-t-il.

Pas que pour les végans

Il estime que son commerce permet aux végans de diminuer leurs achats sur Internet « où l’on trouve un peu n’importe quoi », pour se tourner vers des produits avec une plus grande traçabilité. Le week-end, il accueille des clients venus de la grande région, du Pays basque et de la Rochelle par exemple. Ceux qui poussent la porte de sa boutique ne sont pas tous végans, certains viennent pour changer un peu leurs habitudes ou par curiosité.

Le traiteur bordelais Sweet Greens va recruter pour faire face à la demande.
Le traiteur bordelais Sweet Greens va recruter pour faire face à la demande. – Sweet Greens

« Je suis à côté de la Victoire et certains restaurateurs, qui observent une demande, viennent voir ce que je propose dans le but de mettre un plat végan à leur carte », raconte la gérante de Munchies. Dans son restaurant, elle propose aussi un plat du jour qui attire une clientèle du quartier, pas toujours végane mais « flexitarienne » c’est-à-dire soucieuse de diminuer un peu sa consommation de viande. « Au-delà du véganisme, il y a une demande de respect de l’environnement, note la gérante de Sweet Greens. Or nous travaillons dans une démarche zéro déchet et en lien avec des producteurs bio et locaux. »

Si on doutait encore de la vague végane, un green market réunissant de petites entreprises du secteur se tient régulièrement au château des Tours, au Bouscat, depuis plus d’un an. « Il manque encore une boulangerie/pâtisserie, glisse Mélissa Astier. Les végans apprécieraient de manger des viennoiseries ».

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